Monclar // Une séparation douloureuse


« Monclar c’est un chapitre de 40 ans qui se clôt »

«C’est sûr ça fait quelque chose… Après 40 ans… » Gérard Stuyck, maire de Monclar, tente de se faire à l’idée que la longue histoire des Baladins avec la commune est bel et bien terminée. Une situation loin de le réjouir, « Même si Monclar et les Baladins, ça toujours été compliqué… Nous avons essayé de trouver une solution avec le Conseil général, mais ce fut peine perdue. Aujourd’hui, on se retrouve avec un théâtre vide et une activité culturelle qui disparaît. Et toute disparition d’activité dans une commune n’est pas une bonne chose ». Mais le maire reconnaît humblement que Monclar seul ne pouvait résoudre le problème financier que constituait l’association des Baladins. Il se souvient de la première faillite où la municipalité s’était portée acquéreur du théâtre : « Mais 24 heures après, une surenchère nous avait obligé à renoncer… Je pense que si la commune avait été propriétaire des murs, on n’en serait pas là aujourd’hui ».

Trop cher payé ?

Un sentiment entre regret et impuissance, partagé par les habitants de Monclar eux-mêmes. Du côté de la boulangerie, on regrette leur départ : « C’est sûr, ils amenaient de la vie et des touristes dans le village. Mais entendre certains propos comme quoi ils ne sont pas attachés aux vieilles pierres, cela ne fait pas plaisir » déclare Carine, la boulangère.

Au bar du village, on est partagé : « Les Baladins… C’est une histoire loin d’être simple. Pour moi, le village serait mort sans eux, mais est également mort avec eux. Durant longtemps, beaucoup de subventions leur ont été accordées et à chaque fois, ils ont été de mauvais gestionnaires. Alors, oui les Baladins avaient leur raison d’être mais pas à n’importe quel prix » déclare le boucher de Monclar. « Et puis je doute que Roger Louret ait eu réellement l’intention de sauver une nouvelle fois la compagnie. Aucune star n’était présente sur les spectacles du Centre des congrès… Pour moi, c’est un signe ».

Un été de réflexion

Un peu plus haut, au coeur du village, Roger Louret fait une pause artistique au coeur du village de son enfance : « Ce n’est pas parce que le théâtre a disparu, que les Baladins n’existent plus, que je vais quitter mon chez moi… » déclare le metteur en scène. « Je ne sais plus qui a dit, « Chez moi, c’est où sont posés mes livres ». Pour moi, c’est la même chose. Mes livres sont posés à Monclar ». Il n’ignore pas le sentiment partagé qui secoue sa commune d’enfance : « Les spectacles au centre des congrès ont permis de payer tous les fournisseurs. Quant à la décision de liquider la compagnie, sincèrement, je ne l’ai prise qu’après… Mais d’instinct, je n’ai pas convié mes vieux amis, c’est vrai. J’avais déjà l’impression de me griller des cartes importantes pour la suite ». La suite ? « Je ne renonce pas mais ce sera sous une autre forme. A l’époque, quand nous avons monté la compagnie, nous étions à contre-courant. Cet état d’esprit, il faut le retrouver et pour ça passer le relais à des jeunes, locaux… Je me donne quatre à cinq ans pour le faire ». Roger Louret n’envisage cependant plus un retour des Baladins dans leur berceau naturel : « On a bouclé un chapitre qui a duré 40 ans. Mais l’histoire n’est pas pour autant terminée. Je me laisse un été de réflexion avant de prendre des décisions ».

Annabel Perrin

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