Musée des Beaux-Arts // Les mécaniques poétiques


Le musée des Beaux-Arts entre de plain-pied dans le monde numérique ce samedi avec l’exposition étonnante « Les mécaniques poétiques ». Point de révolution visuelle au premier coup d’oeil pour autant. Les oeuvres de Yann Nguema s’acclimatent parfaitement dans le décor historique du bâtiment et parmi les oeuvres classiques qui s’y montrent. Car Yann Nguema a voulu que ses installations aient un côté désuet, face à la technologie de pointe qu’elles contiennent. Une volonté venue du projet et d’un groupe de musiciens dénommé Ezekiel. Ezekiel n’est pas en terrain inconnu à Agen. Voilà 20 ans que ce collectif de musiciens toulousains mêle dans des concerts de musique électro et rock, des images sur grand écran : « On a commencé avec les VHS » se souvient Yann Nguema. « Et le Florida a été la première salle à nous faire jouer, après une résidence… Depuis, nous n’avons raté aucun rendez-vous avec cette salle à chaque sortie d’album du groupe ». Depuis également, Ezekiel est passé de l’analogique au numérique et a développé toute une iconographie spécifique reconnaissable au premier coup d’oeil par les fans. « Je ne me doutais absolument pas que les quelques tableaux dessinés il y a vingt ans, deviendraient aussi importants dans le projet, voire primordiaux ».

Sur des airs de Naphtaline

Les Mécaniques poétiques, elles, ont été créées suite à la production d’un album intitulé « Naphtaline » : « Un album composé de berceuses que nous n’avions aucune envie de jouer sur scène, mais juste les enregistrer en studio. Du coup, avec l’album, nous avions créé un CD Rom interactif en lien avec les mélodies de « Naphtaline ». L’idée a ensuite germé de faire de ces bonus une exposition bien réelle ». Il a fallu aller chercher des ingénieurs du côté de Grenoble pour parvenir à inventer des technologies susceptibles d’accueillir les rêves un peu fous et oniriques de Yann Nguema : « L’exposition existe depuis cinq ans. Elle devait défendre l’album. Aujourd’hui, elle a eu sa vie propre, au-delà de mes attentes ». Le Palais de la découverte, Shangaï… Autant de destinations où se sont posées ces « Mécaniques poétiques » : « Entre temps, nous avons finalement fait une tournée avec Naphtaline, accompagnés par un orchestre symphonique et passée par le théâtre d’Agen, notamment ».

Cage à oiseaux et piano réduit

L’histoire d’Ezekiel étant étroitement liée à la ville préfecture de Lot-et-Garonne, l’étonnante exposition émanant du groupe ne pouvait éviter de s’y poser. Et ce pour trois mois d’affilée… Au fil des salles, on découvre les machines montées sur des coffrets en bois, dans un style remontant au début du XXe siècle. Yann Nguema est allé chercher ainsi des objets anciens qui se sont transformés : un piano au clavier réduit dont les touches génèrent des sons et l’articulation de bras virtuels sur un écran : « Un procédé que notre batteur utilise lors de nos concerts » précise Yann, un baromètre sur lequel on joue du flipper virtuel…Une cage aux oiseaux transformée en harpe. Et l’étonnante console aux flacons où chacun d’entre eux contient un son que l’on libère en les débouchant… En bout de course, on passerait presqu’à côté d’une madone en résine, tant elle se confond avec les pièces de collection du Musée des Beaux-Arts. Et pourtant, elle est peut-être l’oeuvre maîtresse de l’exposition.
Sous cette madone se cache un thérémine, l’instrument électronique le plus ancien, inventé en 1919… Il vient ponctuer un parcours musical, interactif et visuel tout en poésie et merveilleux.

Annabel Perrin

Du 8 novembre au 16 février – Ouvert de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés