Un musée des camions de pompiers au Temple-sur-Lot


Dimanche 5 août, c’est un pan de notre histoire collective qui va s’ouvrir au public. Du côté du Temple-sur-Lot, les bénévoles de la Sauvegarde de matériel de sapeurs-pompiers sont à pied d’oeuvre depuis plusieurs semaines pour créer un lieu unique dans tout le grand Sud-Ouest : un conservatoire de véhicules. « On était une petite trentaine à créer l’association en 2003. On voyait les camions de pompiers partir à la casse, et cela nous faisait vraiment mal au cœur. Alors on a décidé d’en racheter quelques uns. Puis le Conseil départemental nous a cédé les suivants sous forme de dons. C’est ainsi que la collection a commencé à grossir », raconte le président Daniel Feltrin. Le parc est aujourd’hui tout bonnement exceptionnel avec pas moins de 82 engins, ayant roulé depuis le début des années 1930 jusqu’à aujourd’hui. Afin de mettre à l’abri ces « retraités » rouges, un bâtiment a été monté en 2013. « Ce hangar de 2000 m2, nous l’avons construit nous-mêmes avec nos petites mains », se targue Daniel Feltrin. Avec quelques aménagements supplémentaires, l’endroit est désormais prêt à se transformer en musée. Et le président de l’asso pense que l’on viendra de (très) loin pour le visiter : « Il n’y a que très peu de musées comme celui-ci en France. Dans la région, on est clairement les seuls à afficher une telle dimension. On reçoit déjà des appels venant des quatre coins de l’Hexagone. » Outre la quantité, c’est également la rareté des pièces qui séduira à coup sûr les visiteurs. A commencer par la « mascotte » du conservatoire : un Somua MCG 5 de 1939. Une autochenille destinée au départ à l’armée française et ici convertie en véhicule de pompier. « C’est un exemplaire unique au monde qui a eu l’occasion de servir une fois sur le terrain à Réaup-Lisse », indique Daniel Feltrin. On recense également quelques vieux camions GMC et Dodge laissés par las Américains après la Seconde Guerre mondiale et bien d’autres merveilles encore.

Travail de mémoire

Restaurés avec passion, les appareils s’affichent pour la plupart dans un état exceptionnel. Cerise sur le gâteau, la majorité a secouru sur le territoire lot-et-garonnais. Les inscriptions d’appartenance aux casernes ont d’ailleurs été soigneusement laissées sur les carrosseries. « C’est important de mener ce travail de mémoire. Que les jeunes générations puissent se rendre compte de ce avec quoi on travaillait à l’époque et retracer l’évolution. Il est par ailleurs important de conserver du matériel que l’on ne retrouvera plus après », estime celui qui affiche une carrière longue de 35 ans chez les soldats du feu, dont 20 comme chef de centre à Castelmoron. Se rendre dans ce musée sera aussi l’occasion d’entretenir la flamme pour le métier de pompier qui a fait vibrer des générations entières de petits garçons et de petites filles. Un engouement qui ne s’est jamais vraiment perdu. Preuve en est le succès des rassemblements de véhicules anciens. Celui de Castelmoron, organisé pour la dernière fois en 2017 avec un certain Daniel Feltrin à la baguette, avait réuni pas moins de 8200 personnes. « Découvrir ces véhicules crée toujours un certain émerveillement », se réjouit l’ancien pompier. Même l’association de sauvegarde réunit à l’heure actuelle plus de 280 adhérents… Les élus lot-et-garonnais auront la primeur de l’inauguration officielle le 4 août avant les portes ouvertes gratuites du dimanche 5. Tout un chacun pourra ensuite s’y rendre tout au long de l’année. Une découverte à ne pas manquer cet été.  

Dimitri Laleuf

Conservatoire de la sauvegarde de matériel de sapeurs pompiers Lieu-dit Tuque de Bardet, en bordure de D911, au Temple-sur-Lot. Infos au 06 72 44 78 08 ou 06 88 97 10 81

 

Un second hangar pour le matériel agricole en 2019

Le premier musée n’est pas encore ouvert que les équipes de Daniel Feltrin sont déjà en marche pour en bâtir un second. Celui-ci mettra cette fois à l’honneur le machinisme agricole et les tracteurs anciens. Il sera situé au même endroit que celui des camions de pompiers. Le hangar, long de 70 mètres et large de 25, sera construit juste derrière. « Nous avons récupéré 102 tracteurs à la demande du Conseil départemental. Ils sont actuellement parqués à la laiterie du Broc. Il y a là-aussi quelques pièces d’exception uniques en France », prévient le président de l’association. L’ouverture est programmée pour 2019.

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