Un nageur villeneuvois à l’assaut de la Manche


En juin 1917, le général Pershing débarquait à Boulogne-sur-Mer avec ses troupes, signifiant l’entrée des Etats-Unis dans la Première Guerre mondiale. Un siècle plus tard, quasiment jour pour jour, une douzaine de nageurs vont commémorer l’événement en joignant à leur tour les côtes françaises depuis l’Angleterre. Six français et six américains, dont deux femmes, vont se relayer par binômes et tenter de venir à bout des quarante kilomètres, selon les courants, qui séparent Douvres et le Cap Gris-Nez. Parmi eux, un Villeneuvois. « L’idée de ce relais a été lancée par John, un Américain, et postée sur les réseaux sociaux. J’ai fait partie des premiers à y répondre », explique Nicolas Derrien.

L’Everest du nageur

Ce sapeur-pompier licencié au CNV est un adepte de la nage en eau libre. Une discipline difficile. « C’est un plaisir différent que de nager en bassin. Je compare souvent cela aux coureurs de trails ou aux VTTistes qui sortent des sentiers battus », précise-t-il. Et pour tous les fondus d’« open water », la traversée de la Manche n’est rien de moins que l’« Everest ». « C’est un rêve que je garde depuis longtemps dans un coin de ma tête, révèle Nicolas. Avec ce relais, je vais pouvoir découvrir ce défi avant de le tenter, un jour peut-être, en solo. » Cette étape en équipe n’aura cependant rien d’une balade de santé. Plus de deux heures de nage dans des eaux mouvementées excédant rarement les 15 degrés, en simple maillot de bain et sans palme, voilà ce qui attend le courageux Villeneuvois. Pour cela, il s’est entraîné dur tout l’hiver. « Pour habituer mon corps au froid, je me suis infligé des immersions à Lougratte et à Casteljaloux, parfois par -10 degrés dehors et 3-4 degrés dans l’eau. Au départ, je n’arrivais pas à bouger. Et puis à raison d’une séance par semaine, toujours accompagné pour des raisons de sécurité, j’ai fini par m’accoutumer ».

Sponsors pour la bonne cause

Le challenge sportif n’est toutefois pas la seule motivation de Nicolas : « Cette célébration du centenaire de l’alliance franco-américaine porte des valeurs de solidarité que l’on a tendance à perdre aujourd’hui. Je ne sais pas si cette symbolique va toucher les gens mais elle est au moins importante pour moi ». A l’heure actuelle, il est en quête de sponsors pour l’aider à boucler son budget pour la course (environ 3 000 euros). « Tout le surplus sera redistribué à l’association Petits cœurs de beurre qui s’occupe d’aider la recherche sur les cardiopathies congénitales qui touchent près d’un enfant sur cent. J’ai moi-même une fille qui en a été victime et qui a été opérée à cœur ouvert. J’ai pu constater le formidable travail de cette asso et il me tient vraiment à cœur, c’est le mot, de les soutenir », insiste Nicolas. En voilà une bonne raison de faire la Manche…

Dimitri Laleuf

Pour contacter Nicolas Derrien  : 06 41 76 57 53 ou nicosde@hotmail.fr ; Infos sur Facebook : Over there

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