Ne pas avoir déjà la tête en vacances


Point de Top 14, point de « Boxing Day ». La saison passée, le calendrier avait offert au Sporting un délicieux déplacement à Montpellier et la réception de Clermont entre l’ouverture des cadeaux de Noël et le ménage post-Saint-Sylvestre. Deux défaites, près de 80 points dans la musette… et cette désagréable sensation d’avoir sacrifié les fêtes de fin d’année pour rien. La relégation a au moins l’avantage de laisser aux guerriers leur repos après quinze intenses journées de Pro D2. Les Agenais pourront ainsi, cette fois, profiter beaucoup plus sereinement des huîtres, dinde, bûche et autre coupe de champagne. Mais avant cela, il y a un match à gagner. Et pas n’importe lequel. Une rencontre de gala contre le leader montalbanais qui, en cas de bon résultat, peut permettre de lui reprendre son trône. Outre l’intérêt comptable de faire chuter un concurrent direct à la maison, l’enjeu de ce Agen-Montauban est aussi symbolique. « C’est un derby historique, on ne peut pas le laisser passer », affirme le deuxième ligne Denis Marchois. Il serait donc bien dommage de se croire déjà en vacances, car les résidents de Sapiac accompagnés par environ 2 000 supporters (!) sont prêts à sanctionner toute saute de concentration.

Défense imperméable

Ces derniers restent en effet sur sept victoires consécutives. Des performances acquises en premier lieu grâce à une défense de fer. Tout simplement la plus imperméable de ce championnat avec 221 points encaissés jusque là. A titre de comparaison, Agen en a pris 100 de plus. Un gouffre à ce niveau.
« Avant même de parler rugby, Montauban est une équipe qui se définit en trois mots : détermination, conviction et agressivité. Si on n’est pas capable de rivaliser avec eux sur ce plan-là, nous ne gagnerons pas », prévient l’entraîneur des avants suavistes Mauricio Reggiardo. Plus spécifiquement, les Vert et Noir sont très organisés collectivement. « Ils possèdent un excellent contre en touche et sont capables de concrétiser tous leurs temps forts, avec un jeu simple, direct et propre », ajoute-t-il. « Ils sont également très forts sur les ballons portés. Et comme nous n’avons pas été très performants pour contrer ceux de Colomiers, ils risquent d’en user beaucoup », souligne le deuxième ligne Denis Marchois. En bref, l’USM est un sacré morceau. Le jeune Baptise Cadiou, titulaire à la mêlée pour la première fois pourra en attester.

Trompe-l’oeil

Toutefois, aussi impressionnante soit-elle, la série tarn-et-garonnaise est un léger trompe-l’oeil. Sur ses sept dernières rencontres, l’USM a joué six équipes de deuxième moitié de tableau, dont Carcassonne (9e) et Dax (14e) pour les deux uniques succès de sa saison à l’extérieur. Seul Colomiers fait figure de trophée prestigieux. De quoi relativiser (un tout petit peu) le statut des Montalbanais. Si le SUA LG, qui dispose par ailleurs de l’attaque la plus prolifique, parvient à mettre la main sur le ballon, il aura les cartes en main. Mais attention ! Il les avait déjà à Colomiers, jusqu’à ce qu’une série de mauvais choix ne viennent plomber ses ambitions. « On choisit la touche au lieu de prendre les trois points, on se fait contrer et on ne revoit plus la balle. On a sûrement été trop présomptueux sur ce coup », déplore Denis Marchois au moment d’expliquer la défaite de jeudi dernier à Bendichou dans le money-time. On le répète, à l’approche des vacances, il faut rester doublement vigilant.

Dimitri Laleuf

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