« Nous avons milité pour changer l’état d’esprit des électeurs »


L’Hebdo : Comment avez-vous vécu cette campagne ?
Lionel Feuillas : Nous avons eu un peu partout les mêmes retours, ceux de personnes désabusées, qui ne croient plus en l’action politique et qui n’ont plus l’impression que leur vote change quoi que ce soit. Et puis, beaucoup ont également soulevé le problème qu’ils ignoraient si le département allait continuer à exister… Alors pourquoi aller voter pour des conseillers départementaux qui vont, à terme, disparaître ? C’est un discours difficile à entendre pour des personnes convaincues de l’utilité de l’action politique. C’est frustrant.

L’Hebdo : Du coup, vous avez changé de méthode de campagne ?
L. F. : Nous avons fait très peu de réunions publiques. Aujourd’hui, seuls nos partisans ou sympathisants s’y rendent. Et si ça fait du bien au moral de se sentir soutenus, ce n’est pas très utile pour faire passer notre message politique. Nous avons surtout fait du terrain, tracter et fait en sorte d’être présent dans les médias. Et nous avons fait campagne pour surtout changer l’état d’esprit des électeurs.

L’Hebdo : Des regrets ?
L. F. : Je regrette que cette campagne se soit déroulée sans débats politiques. Les seuls échanges constatés ont été des querelles politiciennes, notamment à Villeneuve. Je trouve cela consternant.
J’aurais aimé confronter mes positions avec les autres candidats, mais il n’existe plus d’espace pour cela dans les médias… Sauf entre les deux tours, c’est dommage.

L’Hebdo : Quels sont les axes forts de votre campagne ?
L. F. : Nous avons un seul axe fort, celui de rappeler que l’action principale du Conseil départemental est de l’action sociale et que pour pouvoir la mettre en place de manière efficace et juste, il faut des finances conséquentes. Or, les dotations de l’état sont en baisse. Des choix cruciaux vont devoir être faits et des réorientations budgétaires vont être nécessaires.

L’Hebdo : Et quels choix défendez-vous ?
L. F. : Nous regardons vers l’aménagement du territoire. Qu’il y ait une politique réfléchie et concertée sur l’ensemble du département et non pas chacun pour sa chapelle. La RN 21 en est l’exemple frappant. Le passage à la 2×2 voies n’est pas une obligation et pourrait se transformer en l’aménagement de voies de dépassement, ce qui ferait gagner du temps tout en économisant une somme conséquente. Cette dernière pourrait servir au contournement d’Artigues et au pont de Camélat… Car, il est évident qu’il n’y a aucun intérêt à gagner du temps entre Villeneuve et Agen pour ensuite se retrouver dans les bouchons avant l’autoroute…
De même pour l’aéroport, nous pensons qu’il coûte trop cher. Le Conseil départemental lui accorde une subvention de 2,4 millions d’euros, une somme qui pourrait être allouée dans des projets d’action sociale…

Annabel Perrin

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