Un nouveau foyer pour la protection de l’enfance


Une vraie maison pour avoir une vie « presque » normale, si tant est qu’elle puisse l’être. Les pensionnaires d’une Maison d’enfants à caractère social (MECS) ont un point en commun. Ils ont été retirés à leur famille par la justice pour des cas de maltraitance, de violence ou de carences graves. Des situations dramatiques qu’accompagnent divers organismes comme l’association Algeei*. Le 4 juillet dernier, celle-ci à inauguré une toute nouvelle « villa » à Villeneuve-sur-Lot. Construite en octobre 2016 et située rue des Jardins, cette bâtisse abrite 14 adolescents âgés de 10 à 17 ans, dont un quart souffrant de handicap mental. « Depuis 1959 et jusqu’en 2016, nous étions locataires d’un internat à Laparade, à plus de vingt kilomètres de Villeneuve. Entre le prix du loyer, les charges liées au bâtiment et les coûts de transport à chaque sortie, il était plus intéressant de faire un emprunt pour construire une maison neuve dans le centre-ville de Villeneuve », explique Andri Andrianony, le directeur de la MECS. Outre ces considérations financières, ce sont surtout les enfants qui profitent de cette délocalisation. La qualité des installations avec notamment des chambres individuelles et un beau terrain de 600 m2 leur offre un bien meilleur confort de vie. « Même s’ils sont placés en institution, ils aspirent à vivre les mêmes choses que les autres. Sortir, aller au cinéma, faire du sport… Tout est beaucoup simple dans un environnement comme celui-ci », poursuit Andri Andianony.

Quête d’émancipation

Comme le nom de l’asso l’indique, il est notamment question d’éducation et d’insertion. La MECS n’a pas vocation à être une prison pour cette jeunesse, certes vulnérable, mais pas délinquante. Au contraire, les équipes d’éducateurs qui se relaient 365 jours par an visent à responsabiliser et rendre autonome ces enfants pour qu’ils puissent s’émanciper dès que possible de ce placement qu’ils n’ont pas choisi et suivre leur propre voie. « Un jour ou l’autre, ils vont nous quitter, on fait en sorte de créer les conditions les plus favorables pour ça », souligne le directeur. La « villa » villeneuvoise a ainsi été conçue avec quelques petits studios dits « d’observation » afin que les adolescents puissent, dès 15 ans, apprendre à se gérer eux-mêmes. « Ceux qui trouvent des contrats d’apprentissage à partir de 16 ans peuvent ensuite être éligibles à l’un de nos cinq appartements hors-les-murs », précise Andri Andrianony. Selon les cas, l’accompagnement peut durer jusqu’à 21 ans. Grâce à cette philosophie, l’Algeei permet à ces victimes de la vie de conserver un avenir prometteur. Si la méthode avait déjà fait ses preuves, elle n’en est que renforcée par ce nouvel outil.  

Dimitri Laleuf

* Association laïque de gestion d’établissements d’éducation et d’insertion

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