Nuit Debout veut se faire une place


Le soleil n’est pas encore couché que la place Wilson se remplit, doucement. Une table est dressée, bientôt un tréteau supplémentaire viendra en renfort pour y poser la nourriture et les boissons houblonnées qui nourriront les femmes et les hommes venus participer à la première Nuit Debout agenaise. Une appellation adoptée lors d’une assemblée populaire, tenue vendredi dernier, qui a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de se rallier à ses grandes soeurs enfantées ça et là dans plusieurs villes de France. « Même dans les petites », se réjouit Suzanne, 24 ans de Nérac. Avec son ami Alexis, 23 ans, ils sont venus par curiosité participer à ce mouvement contestataire, « plus facile à rejoindre le soir car quand on travaille on ne peut pas se joindre aux grèves salariales ». Aux côtés des jeunes gens, on retrouve les organisateurs, apparentés aux mouvements anti-fascistes et anarchistes, des syndicalistes, discrets, des politiques, muets, des ZADistes de Sainte-Colombe, des punks à chiens ou encore des encartés remontés. Mais l’étroitesse sociologique n’est qu’apparente, le mélange des gens et des genres s’intensifie au fur et à mesure de la soirée. « J’accompagne ma fille, explique ainsi Nathalie de Frespech, on est là pour écouter et s’informer. » Pas pour changer le monde ? « Si, le monde qu’on nous propose, répond Stéphanie, 50 ans. On restera mobilisés tant qu’ils n’auront pas compris le message. » Le projet de loi Travail, le capitalisme, la société dans son ensemble sont les cibles. Ces militants sont connectés à la mondialisation mais ça ne les empêche pas de constater « les inégalités de plus en plus criantes », ajoute Stéphanie.

Tous les soirs

Vient alors le temps des prises de parole. Le programme est chargé. « Il faut apprendre à se connaître, structurer le mouvement », liste Quentin, l’un des organisateurs. Une commission « tract », une autre pour « l’action », une pour la « communication » sont créées. La nuit tombe alors, ceux qui travaillent le lendemain commencent à lever le camp. Les organisateurs annoncent le chiffre de 140 personnes présentes  et la pérennisation de l’occupation : « Nuit Debout ce sera tous les soirs place Wilson, rebaptisée place de la Révolution, à partir de 19 heures », lancent-ils. Alors que l’arbre qui trônait sur  cette même place a été abattu, eux veulent prendre racine. En attendant que les Villeneuvois entrent dans la danse ce vendredi soir. Enfin du côté de la municipalité, on indique qu’il n’y a aucune raison de l’interdire, tant qu’il n’y a pas de troubles à l’ordre public.

Gauvain Peleau-Barreyre

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