Opération lâcher de cochons dans les grandes surfaces


A l’instar de leurs collègues normands, les agriculteurs de Lot-et-Garonne ont décidé de monter au créneau mercredi dernier pour dénoncer la crise qui touche le secteur de l’élevage. « Nous avons une certitude : dans notre département à très court terme il n’y aura plus d’exploitations laitières et à moyen terme ce sont les éleveurs qui vont disparaître. » Patrick Franken résume ainsi l’état de l’agriculture en 2015. C’est donc avec sa casquette de président de la Coordination rurale 47 qu’il avait battu le rappel.

Lâcher de cochons
Un peu moins d’une centaine d’agriculteurs s’est donc donnée rendez-vous devant la Chambre d’agriculture avant de se diriger vers les supermarchés du territoire pour une opération coup de poing. Gilets jaunes frappés du sigle de la CR47 sur le dos, caddie à la main et tracts imprimés, les manifestants étaient précédés par trois cochons. Des animaux qui ont ouvert la voie au milieu des consommateurs plutôt surpris de voir déambuler les porcs… Leur propriétaire, Pierre Grosz, de Brugnac dans le Marmandais, les a amenés pour amplifier « l’écho médiatique » mais surtout pour mettre l’accent sur la situation des éleveurs : « Nous sommes les esclaves des temps modernes. Nous travaillons sans gagner d’argent avec les dettes et les emprunts que nous avons contractés. Nous ne voulons pas d’aides, nous voulons des prix justes pour nos productions ».

« Demi-mesures »
Géant Casino de Boé, Intermarché d’Agen et Leclerc de Bon-Encontre ont vu les syndicalistes vider les étals de produits laitiers et de denrées pour ensuite les laisser aux caisses.
La grande distribution est dans le viseur des agriculteurs, accusée « de tirer les prix vers le bas ». Cette opération intervient alors que le Gouvernement annonçait quelques instant plus tôt une série de mesures pour endiguer la crise de la filière. « Des demi-mesures » selon le président de la Chambre consulaire, Serge Bousquet-Cassagne, qui complète : « Nous voulons des prix décents, ainsi qu’un moratoire sur les zones vulnérables où la mise aux normes provoquerait la fin de l’élevage dans notre département ». Il y a environ 800 éleveurs en Lot-et-Garonne.

Gauvain Peleau-Barreyre

Du fumier devant les permanences des députés Lousteau et Costes

Ils avaient promis qu’ils ne s’arrêteraient pas là. Aux derniers instants de la mobilisation de mercredi, alors que les agriculteurs levaient les barrières du péage autoroutier du Passage, ils ont remis le couvert. Hier jeudi, c’est devant la permanence agenaise de la députée d’Agen-Nérac, Lucette Lousteau (PS), qu’un amas de fumier, arborant le drapeau jaune de la Coordination rurale 47, a été déposé au petit matin. Un peu plus tard dans la matinée, c’est devant celle du député Jean-Louis Costes (LR) qu’un colis tout aussi odorant a été livré.

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