Oyonnax puissance quatre


C’était le match à ne pas manquer, celui qui devait mettre sur les rails le Sporting. En cas de succès hier soir dans son antre d’Armandie face au leader Oyonnax, Agen se serait offert le trône de patron de la Pro D2 à tout juste cinq journées de la fin de la saison… Hélas, comme depuis le début de cet exercice, le SUA LG a laissé filer à domicile l’opportunité de s’offrir un boulevard vers le titre de champion de France de Pro D2. Et bien sûr une montée directe en Top 14 qui tend désormais les bras à une équipe d’Oyonnax qui compte aujourd’hui quatre points d’avance sur le SUA LG avec un calendrier largement favorable.
Comme un mauvais présage, le début de rencontre des Agenais était aussi poussif que la reprise du nouvel hymne du SUA par ses supporters. A l’image du public d’Armandie, incapable de reprendre les paroles de cette chanson qui aura bien du mal à faire sortir de sa retraite Marc Toesca, les coéquipiers d’Erbani ne parvenaient pas à trouver le rythme. Tout le contraire des Oyomen et de ce diable de Silvère Tian aux accents Hallydien qui « allumait le feu » dès les premières minutes. A la stupeur générale, Oyonnax inscrivait deux essais en moins de vingt minutes et s’installait confortablement dans la rencontre (14 à 3, 20e).
Et Agen me direz-vous ? Englué dans un rugby d’affrontement symbolisé par sa paire de centre Mchedlidze – Tisley, incapable d’enchaîner trois temps de jeu, et malmené en mêlée, le Sporting livrait une copie bien pauvre pour un match d’une telle importance. Logiquement, Oyonnax triplait la mise peu avant la mi-temps et regagnait les vestiaires avec une confortable avance de quinze points (21 à 6, Oyonnax).

Une presque remontada 

Les fesses encore rouges, le Sporting revenait sur la pelouse bien décidé à laver l’affront de la première période. Dès l’entame de ce second acte, les Bleu et Blanc investissaient le camp adverse et imposaient un gros combat aux visiteurs. Sans génie, ni inspiration, mais avec pragmatisme et abnégation, le Sporting imposait sa puissance à des joueurs d’Oyonnax surpris du réveil de leurs hôtes. Et comme un symbole c’est par son pilier gauche, Quentin Béthune, habituel soldat de l’ombre, que la lumière allait venir. Ce dernier tel un trois-quart centre transperçait le rideau haut-bugiste et après une course folle de trente mètres finissait dans l’en-but adverse (50e, 16 à 21).
Transfigurés, les Agenais poursuivaient sur leur lancée tandis qu’Oyonnax sombrait au fil des minutes. En moins d’un quart d’heure Agen avait quasiment fait son retard après que Clément Darbo ait inscrit une nouvelle pénalité (55e, 19 à 21 ). Et il fallait patienter tout juste trois minutes pour voir à nouveau ce diable de Clément Darbo, cette fois-ci sur un essai concluant une magnifique cocotte suaviste, planter une nouvelle banderille ! 20 à 0 en moins de vingt minutes, Agen venait de réaliser une remontada que l’on pensait suffisante pour enterrer les derniers espoirs oyonnaxiens (26 à 21, 59e). Mais les coéquipiers de Silvère Tian, décidément plein de ressource, refusaient de voir la rencontre leur échapper. Dos au mur, ils profitaient d’un ballon perdu par les Agenais à soixante mètres de leur en-but pour franchir une quatrième fois de la soirée la ligne agenaise. Et porter cette fois-ci un coup fatal à des Agenais obligés de rendre les armes… Et de voir Oyonnax s’enfuir vers le Top 14…

Cyril Récondo

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