Palissy s’attaque aux dérives des réseaux sociaux


Le lycée Palissy n’a pas été épargné par les cas de harcèlement, plus ou moins graves, via les réseaux sociaux. » Le constat dressé par Yannick Boyer, professeur de communication dans l’établissement agenais, a de quoi faire réfléchir. Plutôt qu’un discours, l’équipe pédagogique a décidé de passer à l’action. Depuis quatre ans, une dizaine d’enseignants formés par le Clemi (Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information) interviennent une fois par an dans les classes de seconde afin de « sensibiliser les élèves pour un usage plus raisonné des réseaux sociaux ». Le dispositif a été élargi avec un concours inter-classes, lancé mardi dernier, visant à récompenser la classe qui aura le plus sécurisé ses comptes Facebook, Snapchat, Instagram et autres. Six élèves du BTS communication ont également été impliqués dans ce projet. Ceux-ci ont réalisé une veille numérique en cherchant des informations sur les jeunes lycéens à partir de leurs nom et prénom. « Nous avons trouvé 57% des 435 élèves de secondes. Un quart d’entre eux avait des comptes dont le contenu était totalement accessible. Seulement 7% avaient bien protégé leurs données », relève Joseph, étudiant du BTS communication. Un dernier chiffre bien trop bas. « Un compte ouvert revient à crier sa vie privée au milieu de la cour du lycée. Cela peut engendrer des problèmes de harcèlement mais aussi des difficultés d’insertion professionnelle, souligne Sandrine Lubrano, enseignante en BTS. Aujourd’hui, tous les recruteurs traquent les profils des candidats et refusent tous ceux dont l’image pourrait nuire à leur société. »

Publicités 4×3 et détails croustillants

Les adolescents n’ont pas toujours conscience de ces dangers. Pour provoquer un électrochoc, l’équipe de Yannick Boyer s’est amusée à révéler des anecdotes croustillantes sur les élèves (anonymement) ou à transformer les photos de profils pour en faire d’immenses affiches publicitaires. « La plupart pensaient que c’était illégal. Mais les images de profil et de couverture sont la propriété du réseau social qui peut les utiliser comme il le souhaite. C’est en général à ce moment que les lycéens réagissent », explique Yannick Boyer. « C’est très troublant de voir ses infos personnelles affichées en classe », note Lou, inscrit en 2nde 5. « Je pensais que seuls mes amis pouvaient y accéder », ajoute Gaïane. Comme d’autres de leurs camarades, les deux jeunes filles ont d’ores et déjà décidé de mieux configurer leurs comptes. Une page Facebook de conseil a été mise en place par le lycée Palissy. « Nous avons souhaité tenir un discours beaucoup moins moralisateur, précise Yannick Boyer. L’objectif n’est pas de les détourner de ces outils mais de leur montrer comment mieux les maîtriser. » L’an passé, le nombre de profils « invisibles » avait augmenté de 50% à l’issue du concours. La promo 2016 espère faire mieux d’ici la fin du mois de mars où une nouvelle veille sera réalisée. Le Rectorat, de son côté, semble apprécier la méthode qui pourrait être reproduite dans d’autres établissements.

Dimitri Laleuf

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés