Pippo Nakosi, le renard des terrains de rugby


En toute logique, lors d’une victoire bonifiée, c’est toute l’équipe qui est à féliciter. Mais quelques joueurs sortent parfois du lot. On pourrait citer les performances des excellents Paul Abadie ou Antoine Erbani. Celle de Filipo Nakosi a aussi retenu l’attention. Une passe décisive, un essai, trois franchissements, cinq défenseurs battus, deux offloads, 100% en défense… Et au-delà des statistiques, l’impression que quelque chose allait se passer chaque fois que le cuir finissait dans ses mains. Une sensation qui plaît beaucoup à l’intéressé : « J’aime avoir le ballon pour déclencher des événements. Je suis heureux quand je peux le tenir », reconnaît Filipo Nakosi. Il n’a d’ailleurs pas hésité à se montrer très disponible pour ses coéquipiers, y compris au centre du terrain comme sur le premier essai signé Lionel Mazars, et dans les duels, posant gentiment certains vis-à-vis brivistes sur leur postérieur. Le contraste entre sa confiance actuelle et ses débuts à Agen est saisissant. Recruté comme joker médical de Taylor Paris, le grand frère du Toulonnais Josua Tuisova ne s’est pas imposé tout de suite dans la rotation. Au point de soulever des doutes quant à sa capacité à évoluer en Top 14. Ses petits bobos, notamment aux ischio-jambiers, ne lui ont pas non plus permis de trouver le bon tempo. « Ça a été vraiment dur au début, pour apprendre à communiquer, comprendre les combinaisons et les coups de sifflets », reconnaît-il dans un anglais atypique teinté de « r » roulés. « Les Fidjiens ont toujours besoin d’un temps d’adaptation, ajoute l’entraîneur des trois-quarts Stéphane Prosper. Encore plus quand il s’agit de s’inscrire dans un projet de jeu arrière. Il y a des automatismes à prendre. Mais on décèle un très fort potentiel chez ce joueur. »

Un profil qui rappelle quelqu’un

Pour fourbir ses armes, Filipo Nakosi a été envoyé du côté des Espoirs et en Challenge Cup. Une parenthèse salutaire puisqu’à la suite d’une campagne européenne convaincante à titre personnel, l’ancien joueur de Northland en ITM Cup a intégré le groupe pro bien plus régulièrement. Ses dispositions pour dépanner à l’arrière quand Mathieu Lamoulie était sur le flanc ont permis au staff de lui donner du temps de jeu. Et pour la première fois le week-end dernier, le jeune homme de 24 ans a pu rester 80 minutes sur le terrain, pour les résultats qu’on lui connaît. « Il nous a manqué des facteurs X cette saison. Filipo a le profil pour en être un », estime Stéphane Prosper, mais ce dernier évoque aussi tous les progrès que doit réaliser son protégé, en particulier sur son timing et son placement en défense, dans son jeu au pied et dans le jeu après lui. Filipo Nakosi aura tout l’été pour s’y mettre puis qu’il a resigné pour les deux prochaines saisons. Avec des atouts offensifs comme Tilsley, Sadie, Paris quand il sera revenu, et donc Nakosi, le SUA aura de quoi affoler plus d’une défense de Pro D2. Et un ailier trapu (1,83m pour une centaine de kilos), aussi insaisissable que puissant et rapide, ça rappelle forcément de bons souvenirs du côté d’Armandie.

Dimitri Laleuf

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