« Le plus beau moment de ma jeune carrière ! »


L’Hebdo : Est-ce que cette victoire bonifiée face à Oyonnax est la plus significative de la saison ?

Yoan Tanga : Ce qui est sûr, c’est que c’est le succès qui fait le plus de bien depuis le début de la saison. Cela faisait quinze jours que l’on préparait ce match dans les moindres détails en sachant très bien que c’était la finale de notre saison et que l’on pouvait tout perdre. On savait qu’il ne fallait pas se louper et que ce match valait de l’or pour notre survie en Top 14. Gagner à domicile face à un concurrent direct comme Oyonnax et qui plus est avec le bonus, c’est une énorme satisfaction. A trois journées de la fin du championnat, on est dans une position confortable pour se maintenir et on a même creusé l’écart sur deux concurrents directs que sont Brive et Oyonnax mais rien n’est encore fait, il ne faut surtout pas se croire arrivés.

L’Hebdo : Est-ce que la mise au vert au golf de Casteljaloux y est pour beaucoup dans ce succès ?

Y.T. : Ce mini-stage de trois jours a fait énormément de bien au groupe. En vivant ensemble au quotidien et en partageant de bons moments, le collectif s’est resserré. Cela nous a permis de rester unis et concentrés tous ensemble autour d’un même objectif : vaincre Oyonnax. Cela a aussi permis d’évacuer un peu la pression environnante et de voir autre chose qu’Armandie. Le résultat de samedi donne raison au staff qui a organisé cette mise au vert.

L’Hebdo : La principale satisfaction de cette victoire n’est-elle pas cette magnifique entame de match, chose extrêmement rare cette saison ?

Y.T. : C’est vrai que depuis le début de la saison, nous sommes tout le temps passés à côté de nos débuts de matchs. On le savait et on avait décidé de vraiment mettre l’accent sur cet aspect pour préparer la venue cruciale d’Oyonnax. On savait qu’il fallait les mettre sous pression d’entrée pour ne pas les laisser espérer quoi que ce soit. Mauricio fait toujours des bons discours mais sur ce match d’autant plus. Il a eu les bons mots pour que nous réalisions une entame parfaite. On avait vraiment à cœur de démarrer tambour battant devant notre public et on l’a réalisé.

L’Hebdo : A titre personnel, comment avez-vous géré la pression d’un tel événement du haut de vos 21 ans et de vos 17 matchs en Top 14 ?

Y.T. : Je savais que c’était le match le plus important de ma jeune carrière. Pour autant, je ne suis pas quelqu’un qui ne me met plus de pression que cela avant les rencontres. J’essaye de vraiment relativiser et de mettre la pression de côté. Comme tout le groupe j’avais préparé ce match comme une rencontre de phases finales, en mode commando. Dans les vestiaires, les cadres, qui ont l’habitude de ces matchs à forts enjeux ont pris la parole pour rassurer tout le monde et cela nous a fait beaucoup de bien.

L’Hebdo : Vous ne semblez pas près d’oublier cette soirée ?

Y.T. : Oui c’est clair que c’est le plus beau moment de ma jeune carrière et que cette victoire restera longtemps inoubliable pour moi mais j’espère vivre encore plein d’autres émotions à l’avenir. Face à Oyonnax, l’ambiance au stade était énorme. Avant de rentrer aux vestiaires, pendant le dernier tour d’honneur, on a senti un véritable engouement populaire derrière nous. Pendant le match aussi, le public était en feu et a poussé pendant 80 minutes. Au coup de sifflet final, c’était la délivrance pour tout le monde. C’était magique. J’avais connu une finale l’an passé avec les Espoirs du Castres Olympique mais là c’était encore autre chose, car on jouait la survie d’un club, de toute une ville, dans l’élite du rugby professionnel et ce n’est pas du tout les mêmes émotions.

L’Hebdo : N’est-ce pas délicat de se rebasculer sur le déplacement à Pau après ces quinze derniers jours sous haute pression et ce succès tant attendu ?

Y.T. : Si, c’est vrai que c’est un peu difficile d’enchaîner après ce beau succès (ndlr : entretien réalisé ce lundi) mais nous n’avons pas le choix, il ne reste que trois matchs et il faut encore tout donner durant ces 240 minutes pour ne rien regretter à la fin de la saison. En sachant que l’on aura un week-end de repos après le déplacement à Pau, on va tout mettre en œuvre pour grappiller des points dans le Béarn et se mettre définitivement à l’abri le plus tôt possible. Il ne faut surtout pas être uniquement focalisé sur la réception de Clermont dans quinze jours. Après la victoire bonifiée face à Oyonnax, ça sent bon pour le maintien mais rien n’est fini, il nous reste trois rencontres et on refera les comptes à la fin de tous les matchs.

« Quel que soit le numéro qu’il porte dans le dos, Facundo est un monstre !

L’Hebdo : Comment le vestiaire a accueilli les choix forts du staff, en particulier le repositionnement de Facundo Bosch en troisième ligne ?

Y.T. : On sait tous très bien que Facundo est un joueur avec une très grosse activité. A n’importe quel poste, que ce soit au talonnage ou en troisième ligne, il abat énormément de travail. En lui enlevant la pression des lancers en touche et du talonnage en mêlée, on l’a peut-être encore plus vu dans le jeu courant. Sincèrement, quel que soit le numéro qu’il porte dans le dos, Facundo est un monstre ! 

Propos recueillis par Simon Galinier

*Meilleur total agenais face à Oyonnax

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