Politique // La mutualisation expliquée aux agents


Il y avait foule pour venir écouter les élus parler de la mutualisation. Bernard Lusset, vice-président de l’Agglo, adjoint agenais et cheville ouvrière du dossier, avait pourtant prévenu : « Dans la rue, les gens ne me parlent que de ça ! » Alors qu’on pouvait légitimement douter d’une telle assertion, elle était avérée ce mardi soir au centre omnisports Jacques-Clouché de Boé quand les agents des deux collectivités attendaient les explications de ce mariage entre service municipal et communautaire.
En préambule, le maire d’Agen et président de l’AA, Jean Dionis, a pris soin de rappeler les économies attendues, la simplification du « mille-feuilles » local afin que les collectivités restent « un investisseur significatif ». Car le temps des vaches maigres est venu et avec lui l’obligation de se serrer la ceinture. Sans pour autant déroger à la règle d’or fixée par l’équipe Dionis de « ne pas augmenter les impôts ». Et quand la pression fiscale est déjà élevée sur le territoire, il ne reste plus beaucoup de marge de manoeuvre… Si ce n’est la mutualisation.

960 agents concernés
L’ensemble du personnel agenais et communautaire est donc concerné, soit 610 pour la ville et 350 pour l’Agglo. Au 1er janvier, ils recevront une fiche de paie qui émane de l’Agglo. Les ajustements de salaire se feront au profit du traitement le plus avantageux. Pour compléter les économies, les remplacements des départs à la retraite seront puisés en interne. « Mais je sais qu’il reste du chemin à faire pour rendre cette mutualisation consensuelle », admettait Jean Dionis.

Débat avec le public
Les agents réunis par centaine sur les gradins de Clouché ont exposé leurs craintes. « Fusion imposée à la hussarde, sans concertation », « réforme qui coûtera plus qu’elle ne rapportera », « réduction de personnel et dégradation des conditions de travail » sont parmi les inquiétudes soulevées par le public. Les plus remontés n’ont pas hésité à parler d’une institution qui s’éloigne encore un peu plus des citoyens et surtout qui est le symbole de la disparition du service public en milieu rural.

Gauvain Peleau-Barreyre

L’étape 2 lancée avec les autres communes

Quelles communes de la l’Agglomération voudront mutualiser leurs services avec la nouvelle entité ? C’est à cette question, et sûrement bien d’autres au regard de l’âpreté des débats entre édiles, que devront répondre les délégués communautaires lors du lancement de la phase 2 de la réforme. Car le rapprochement Agen-Agglo n’est que la première pierre de la mutualisation. Le chapitre suivant concernera les vingt-huit autres communes membres de l’Agglo et leur volonté, ou non, de rapprocher certains de leurs services. « Cela se fera sur la base du volontariat, a expliqué le président de l’AA, mais si les communes ne veulent pas le faire, elles se priveront d’une belle source d’économies. »
Plusieurs scénarios sont envisagés. Dans le pire, aucun des membres ne souhaitent fusionner ses services. Agen sera donc la seule ville à avoir franchi le pas. Au contraire, tout le monde dit « oui » et c’est un grand chantier qui commence. Mais personne n’y croit. L’hypothèse intermédiaire, à savoir un rapprochement de certains services de certaines petites communes, est envisagée. De même qu’un rapprochement de « voisinage », à savoir une mutualisation entre des villes proches géographiquement. Quand on sait que la réforme est passée à seulement deux voix près lors du vote de l’assemblée communautaire, les discussions seront longues… Rendez-vous le 4 décembre pour une assemblée générale des tous les conseils municipaux.

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