Politique de la Ville // Les citoyens ont aussi le pouvoir


Le coeur de bastide villeneuvois est entré dans le périmètre de la politique de la Ville, menée par l’Etat. Et à ce titre, la municipalité peut prétendre à des subventions supplémentaires, sur des projets précis concernant l’urbanisme et le mieux vivre ensemble. Mais, il y a une condition à l’obtention des financements : la constitution d’un conseil de citoyens, partie prenante dans l’élaboration des projets concernés par la politique de la ville.
A Villeneuve-sur-Lot, un tirage au sort, à l’image de celui des jurés d’assises, a été effectué, désignant une centaine d’habitants susceptibles de venir siéger au conseil citoyen. Un mail et un courrier postal plus tard, la première réunion se tenait ce mardi soir, au coeur de la Maison de la vie associative. Ils n’étaient qu’une quinzaine à avoir répondu au rendez-vous. Une désaffection qui a étonné l’un des citoyens appelés, Xavier, âgé de 45 ans : « Je pensais que l’on serait plus nombreux… Sur une centaine de personnes… C’est curieux. Les gens se plaignent sans cesse qu’ils n’ont pas droit à la parole et quand on le leur permet, ils ne sont pas là ».
Xavier, lui, venait découvrir à quoi pouvait bien servir ce nouveau conseil citoyen censé avoir du poids dans les décisions politiques concernant le coeur de ville : « Je suis curieux… Pour une fois que l’on nous ouvre la porte en grand ! J’espère que ce n’est pas un outil de communication pour avoir bonne presse. On entend tellement parler de démocratie participative… »
Sur ce sujet, Laurence Larmolette, vice-présidente aux Politiques culturelles au sein de l’agglomération le rassurait : « C’est une mesure nationale » précisait-elle. « Nous sommes dans l’obligation de constituer un conseil citoyen pour entrer dans la nouvelle politique nationale de la Ville ».
Quant au peu de personnes réceptives à l’initiative, elle n’en était pas très étonnée : « Nous avons tiré au sort 100 personnes, pour être à peu près certains que 15 s’engageraient dans le processus. Nous avons pris comme exemple des villes pilotes comme Auch où le prorata était à peu près de 10%. Par contre, ce tirage au sort nous a montré que la majorité des habitants concernés par la politique de la ville, était des personnes âgées. Ce qui nous donne à réfléchir sur les projets à lancer dans le périmètre ». Car, historiquement, les politiques de la ville successives se sont surtout concentrées sur l’urbanisme et la jeunesse dans des quartiers périurbains.

Explications de texte

Après avoir réservé le quart d’heure gascon aux retardataires éventuels, la réunion commençait avec Patrick Cassany, maire de la ville et Laurence Lamourlette, en maîtres de cérémonie. L’explication se voulait didactique, entre la définition d’une politique de la ville et le déroulé d’un conseil citoyen. L’assemblée est attentive : « Pour l’instant, nous avons lancé un état des lieux sur le périmètre » précise Patrick Cassany. « Car, il faut que nous fassions rapidement des propositions à l’Etat, d’ici fin décembre ».
« Ah mais c’est rapide ! » lance un des citoyens présents. Laurence Lamourlette rassure : « Le contrat se construit sur cinq ans. Nous devons simplement établir des grandes orientations sur lesquelles travailler ». C’est alors que la question sur le nerf de la guerre fuse : « Les subventions sont de combien ? ». « On l’ignore. On connait seulement l’enveloppe globale que l’Etat a décidé de consacrer à la politique de la Ville, un gâteau que nous sommes 1 300 à se partager. Et plus nous serons réactifs, plus le budget sera conséquent » ajoute Patrick Cassany.
Le conseil citoyen devrait ainsi se réunir trois fois d’ici la fin décembre pour établir le projet villeneuvois.

Annabel Perrin

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés