Pompiers et experts judiciaires


Et si les pompiers du département devenaient des experts ? La convention signée ce mercredi entre le Sdis 47, le procureur et le préfet permet dorénavant aux sapeurs-pompiers de relever les premiers indices lorsqu’un incendie se montre suspect. Trois petites signatures qui pourraient bien changer la donne dans des enquêtes judiciaires : « C’est une journée importante qui amène de l’efficacité dans le judiciaire » soulignait ainsi le préfet Denis Conus.
Jusqu’à présent, si les pompiers recherchaient déjà les causes d’un incendie, ils arrêtaient leurs investigations lorsque le crime était avéré pour laisser place à des enquêteurs professionnels envoyés par le procureur de la République.
Désormais, ce dernier peut autoriser les pompiers à continuer à chercher des indices sur place : « Cela va permettre une plus grande réactivité et efficacité » explique Pascal Prache, procureur de la République. « Ils vont pouvoir donc relever des preuves qui parfois disparaissaient durant les manoeuvres pour éteindre le feu et surtout, nous pourrons utiliser ces preuves dans le cadre de l’enquête judiciaire, puisqu’ils agiront sur réquisition de l’officier de police judiciaire. Auparavant, ces preuves, même si elles étaient relevées, pouvaient être contestées lors des procès puisqu’elles n’émanaient pas d’enquêteurs judiciaires ».

Préserver les preuves

Désormais, lors de chaque sinistre apparaissant suspect, un binôme de pompiers formés à l’exercice enquêteront immédiatement : « Cette collaboration étroite sensibilise également nos hommes à préserver les éléments d’enquête » explique le colonel Philippe Rigaud. « Même si la mission première des pompiers est d’éteindre les flammes, la convention permet de mettre en place un système pour préserver davantage de preuves ». La convention fluidifie également, de fait, les rapports entre pompiers et policiers.
Cette convention est la dixième signée en France.
Le Lot-et-Garonne fait donc figure de précurseur : « Cette convention est inspirée de ce qui se passe outre-Atlantique, comme au Canada, où les pompiers ont aussi comme mission d’enquêter sur les causes criminelles d’incendies » explique Philippe Rigaud. « Elle découle, en France, d’un groupe de travail ministériel où j’ai moi-même participé et qui avait pour objectif de mettre les compétences des sapeurs-pompiers en avant tout en répondant à un besoin émanant du système judiciaire ».
A ce jour, le Sdis 47 a dans ses murs trois investigateurs et un quatrième devrait rejoindre l’équipe dans quelques mois après une formation spécifique à Aix.

Annabel Perrin

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