Pour la rentrée, le président Camani s’est dépensé


Une heure et demie de discours : Pierre Camani avait des choses à dire lors de sa traditionnelle rentrée politique. D’abord qu’il a un bon bilan. Les dépenses de fonctionnement, de personnel ou de communication « sont en baisse conformément à nos engagements » rappelle-t-il, prenant ici soin d’infirmer les critiques récurrentes de l’opposition départementale sur ce sujet. L’investissement ensuite, autre cheval de bataille de ses adversaires, qui a connu en une décade sous sa mandature une baisse ces dernières années. Mais le président rappelle qu’entre 2008 et 2015 les sommes injectées sont supérieures aux chiffres de 2000-2007 de son prédécesseur (524 millions d’euros investis contre 509). Peu avare de confidences, Pierre Camani a aussi évoqué la création prochaine (rentrée 2017 ?) d’un campus numérique à la place de l’ancienne école normale qui fédérera collectivités, écoles, étudiants et entreprises privées. Un virage numérique que le Département soutient déjà avec l’implantation de la fibre, privilégiant les zones rurales (130 millions d’euros investis sur 10 ans).

Tête à tête avec Manuel Valls
Toujours au rayon gros sous, si Pierre Camani réservait ses piques à ses opposants locaux, il n’en oublie pas qu’être à la tête d’un département rural, dont les ressources s’amenuisent plus vite qu’un étiage garonnais en pleine sécheresse, c’est demander de l’argent, encore et toujours. C’est le rôle de l’Association des départements de France qui avait demandé au gouvernement de prendre en charge les dépenses de solidarité nationale (RSA, APA…) qui incombe aux Départements. En vain. Si quelques subsides ont été accordés en urgence, ils ne compensent pas la hausse de ces dépenses qui se chiffrent à plusieurs dizaines de millions d’euros. « Nous souhaitons la mise en place d’un fonds de péréquation plus juste pour les départements ruraux, a rappelé Pierre Camani. J’ai demandé 20 millions d’euros pour le Lot-et-Garonne cette année. » Directement au Premier ministre ? « Je vais le rencontrer en tête-à-tête, et si ça ne marche pas, vous allez m’entendre dans les médias… », prévient-il.

Gauvain Peleau-Barreyre

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