Les pratiques politiciennes du SUA


Mais où va donc le SUA LG ? C’est en substance la question que se posent les supporters du Sporting depuis quelques jours… Après Paris (Castres), Nakosi (Toulon), Tadjer (Brive), Demotte (La Rochelle) et Decron (Bordeaux-Bègles), le club a officialisé ce lundi soir les départs de Blin, Tau (Perpignan) et surtout le jeune talonneur Dufour (UBB).
Bien sûr, des trois noms cités, celui du plus jeune est le moins clinquant. Mais c’est hélas le plus inquiétant. Avec Nathan Decron, lui aussi en partance pour la Gironde, le SUA LG perd en deux ans un septième international chez les jeunes après Cassang, Beleau, Tarozzi, Boniface et Chateauraynaud. Le retour des frères Tolot annoncé, formés au club et partis à Montauban ne suffira pas à masquer une hémorragie de plus en plus criante de ses jeunes talents. Avoir « le quatrième meilleur centre de formation du pays » n’a finalement pas les effets escomptés.
Et les déclarations de son président n’y changeront rien. Comme les électeurs avec la politique, les supporters agenais préfèrent en rire. Lundi soir, les réseaux se sont déchaînés en reprenant les phrases presque en passe de devenir cultes : « Il y a plus de joueurs qui veulent venir à Agen que de joueurs que nous ne pouvons nous offrir », « Ce sont les clubs faibles qui ont besoin d’annoncer des recrues pour se réconforter ». Les Castrais, cinquième du Top 14, visés dans cette déclaration ainsi que Taylor Paris appécieront… La vérité c’est que le Sporting a de plus en plus de mal à attirer des joueurs dans son effectif. La baisse du budget année après année explique en partie cette perte d’attractivité. Même s’il faut le reconnaître, le SUA LG a réussi des jolis coups comme celui de Tisley ou surtout Sadie, un joueur d’une incroyable dimension.

Blin : une sortie politiquement correcte

Reste le cas Mathieu Blin.  Son départ annoncé lundi met fin à des semaines d’interrogation. L’homme censé être le rouage essentiel du club n’aurait appris son avenir que très récemment. Léger quand on sait qu’une saison se prépare de plus en plus tôt. D’autant que, depuis des semaines déjà, certaines négociations concernant l’exercice à venir se faisaient sans lui.   Hier dans un bel élan commun de communication, le club a tenté de faire passer une pilule bien difficile à avaler. Reste que le scénario énoncé ressemble plus à un épisode de Oui-Oui apprend le théâtre qu’à une intrigue hitckokienne. Raison invoquée du divorce :   le déménagement pour raisons personnelles, de Mathieu Blin à Bordeaux.  « Je souhaitais effectuer ma dernière année optionnelle. En face le club me proposait un renouvellement pour trois ans. Donc dans l’intérêt général, nous avons décidé d’arrêter là ». Ubuesque… En sport comme en politique, toutes les vérités ne semblent pas être bonnes à dire.
En réalité, Mathieu Blin n’était plus l’homme de la situation surtout depuis qu’Alain Tingaud lui avait signifié au début de l’été son intention de le voir prendre de la hauteur.  Ce ne sont pas les 130 km qui séparent Agen de Bordeaux qui suffisent à expliquer son départ. Encore moins son accueil soi-disant mitigé par le peuple d’Armandie qui d’après le président Alain Tingaud lui aurait intenté comme à lui-même  d’ailleurs, à son arrivée, « un procès d’illégitimité en tant que Parigot ». Sortez les mouchoirs ou fouettez-vous, au choix chers supporters… Mathieu Blin aurait donc fini sa carrière d’entraîneur agenais en raison de son déménagement et de ses origines parisiennes. Si tel est le cas, ce serait bien dommage.
Quoiqu’il en soit, le Parisien aura réussi un parcours loin d’être déshonorant compte tenu des moyens qui furent les siens.  Et son investissement aurait sans doute mérité une sortie plus franche. Quant au nom de son remplaçant, Alain Tingaud en convient lui-même, le club n’est pas sûr d’en chercher un…

Cyril Recondo

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