Prosper : « C’est à nous de nous prendre en main et de faire le job ! »


L’Hebdo : Que retenez-vous de cette défaite à Ernest-Wallon où tout le monde vous prédisait  l’enfer ?

Stéphane Prosper : Si on doit retenir du positif de cette défaite à Toulouse, c’est d’abord l’état d’esprit du groupe. J’ai envie de dire encore une fois, car ce n’est pas une nouveauté. Et tant mieux car on aura besoin des quarante joueurs tout au long de cette saison. Les performances des jeunes, qui pour certains démarraient avec l’équipe professionnelle en Top 14 (Ndlr : Ghirard, Laporte, Tufele, Martinez et Conduché), sont plutôt encourageantes pour la suite.

L’Hebdo : Après cette cinquième défaite en six matchs, quelle est la réaction du groupe ?

S.P. : La réaction, on doit la voir ce samedi face au Lou. Celle-ci doit rapidement se traduire par des points au classement. Parce que, certes, c’est bien de parler d’état d’esprit et d’engagement mais je trouve que l’on est pas assez payés au regard de cet investissement. Ces valeurs que sont l’envie, l’abnégation ou le coeur, ne doivent pas devenir des faiblesses. Maintenant, il faut que l’on arrive à franchir certains paliers, que ce soit stratégiquement, techniquement ou tactiquement. On doit notamment progresser en termes de gestion des matchs car à ce niveau de la compétition c’est essentiel. On s’est rendu compte à Toulouse que l’on était vite mis en difficulté sur l’occupation du terrain, directement en lien avec la possession du ballon, et on se doit de progresser dans ces secteurs-là.

L’Hebdo : La charnière Abade-Mieres est-elle directement pointée du doigt ?

S.P. : Il ne me semble pas que nous, le staff, on ait montré du doigt qui que ce soit. Si on a été mis en difficulté sur les secteurs de l’occupation et du jeu au pied, c’est plus lié à un mauvais fonctionnement sur le plan collectif qu’à des carences individuelles. C’est collectivement que nous n’avons pas trouvé les solutions pour mettre nos botteurs dans un certain confort. C’est donc toute une organisation collective qui est en cause et que l’on doit rapidement régler tous ensemble.

L’Hebdo : Justement, dans ce sens, est-ce que les associations de charnières – Abadie-Mieres et Januarie-McIntyre peuvent évoluer et interchanger ?

S.P. : D’abord, on ne fonctionne pas avec un système de hiérarchie. On dispose d’un groupe et si il doit y avoir une quelconque hiérarchie, c’est celle du moment. Comme dans n’importe quel groupe, celle-ci évolue dans le temps. Ces choix de l’instant sont liés à divers critères allant de la forme physique des joueurs, de leur association, de leur position, du contexte général du championnat, du classement, de la météo ou encore de l’adversaire. Il y a tout un tas de paramètres qui rentrent en compte pour le staff dans la composition de l’effectif et ces associations peuvent bien entendu évoluer au fil de la saison.

L’Hebdo : Parmi les satisfactions du week-end dernier, peut-on citer Filipo Nakosi qui semble revenir à son niveau ?

S.P. : Effectivement, je l’ai trouvé intéressant et il a été plus en vue que d’autres garçons. Maintenant, Filipo reste un joueur sur courant alternatif. Depuis le début de la saison, il est capable de bonnes prestations et en suivant de performances moins abouties. J’espère pour lui que samedi il placera le curseur plus en haut qu’en bas. Le staff exige, comme pour tous les joueurs de l’effectif, une moyenne haute de performance pour ne pas naviguer entre le très haut et le très bas.

L’Hebdo : Qu’avez-vous pensé du retour de blessure de Johann Sadie ? Peut-il être le franchisseur que le Sporting attendait au centre de l’attaque ?

S.P. : Avant de parler d’un joueur en particulier, il va falloir résoudre le problème de la possession du ballon, c’est une nécessité absolue, pour ensuite pouvoir négocier un peu plus de situations offensives intéressantes. Ce n’était pas le cas à Toulouse mais ça doit être le cas face au Lou.

« Le Lou ? Une véritable force tranquille ! »

L’Hebdo : Quelle image avez-vous de ce Lou (2ème au classement) en pleine bourre qui se présente à Armandie ?

S.P. : Nous avons l’impression que c’est véritablement une force tranquille. C’est une formation particulièrement bien en place et qui fait preuve de réalisme. Les Lyonnais développent un jeu assez simple mais terriblement efficace. L’occupation et la possession du ballon seront deux secteurs importants pour pouvoir lutter face à cette équipe bien rodée.

L’Hebdo : Comme face à la Section Paloise où l’imposant Tamaz Mchedlidze avait débuté sur une aile, allez-vous privilégiez la puissance à la vitesse dans cette ligne des trois-quarts ?

S.P. : L’essentiel est de trouver de l’efficacité. Comme je le répète, les choix des joueurs dépendent  d’un certain nombre de critères – le contexte, l’opposition, les lignes collectives adverses… – et pas seulement de notre volonté d’alourdir ou non notre ligne d’attaque.

L’Hebdo : Malgré une succession de défaites et une positon inconfortable dans la zone rouge, vous et Mauricio restez toujours optimistes dans vos analyses. N’est-ce pas difficile d’adopter cette « méthode Coué » ?

S.P. : Non, absolument pas, c’est une nécessité de rester positif même si après six journées, nous n’avons gagné qu’un seul match et n’avons que six points au classement. Si nous, le staff, n’adoptons pas cette attitude positive, ce n’est pas l’environnement autour du club qui va nous y aider. C’est donc notre rôle de rester optimistes pour protéger au maximum notre groupe. Cela ne veut pas dire, qu’en interne, les joueurs sont épargnés. Bien au contraire, la remise en question est permanente afin de faire progresser tout l’effectif car je considère que l’on a véritablement les moyens de se maintenir dans ce Top 14 et on va tout mettre en oeuvre pour y arriver !

L’Hebdo : Les victoires du Stade Français à Pau et de Castres face à Clermont lors de la précédente journée, permettent à ces deux équipes de se donner de l’air et de se détacher de la zone rouge. Est-ce qu’on peut considérer qu’un championnat à 3 pour le maintien se dégage entre le Sporting, Oyonnax et Brive ?

S.P. : C’est vrai que cette victoire assez inattendue du Stade Français à Pau ne fait pas nos affaires et ne nous arrange pas. Après je crois qu’il faut arrêter de compter sur des accidents des autres équipes. C’est à nous de nous prendre en main et de faire le job !

Simon Galinier

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