Le pugilat verbal se poursuit à Sainte-Livrade


Les conseils municipaux se suivent et tendent à se ressembler du côté de Sainte-Livrade. Non pas dans la monotonie mais au contraire dans l’agitation qui les animent depuis un mois comme relaté dans ces mêmes colonnes. Reporté d’une semaine pour des problèmes de documents et du coup hors-délai, le vote du budget s’est finalement déroulé mardi soir dans un contexte toujours aussi tendu. Une séance « très houleuse et très politique », selon le maire Pierre-Jean Pudal. Ce scénario n’avait pourtant rien d’une surprise. Claire Pasut, ancienne maire et aujourd’hui leader de l’opposition socialiste, avait déjà attaqué son rival Les Républicains pour sa « gestion calamiteuse » et n’a pas manqué de réitérer. La situation était d’autant plus complexe que le budget 2018 avait été bâti par Marthe Geoffroy, adjointe aux Finances… démise de ses fonctions lors du précédent conseil et de fait nouvelle opposante à la majorité. C’est donc Pierre-Jean Pudal lui-même et non son nouvel argentier André Forget qui a présenté le dossier le plus important de l’année aux autres élus.

Un budget « à l’équilibre » décrié

« Le maire nous a fait une présentation calamiteuse qui montre qu’il ne maîtrise pas le sujet », estime Claire Pasut. Une analyse partagée au mot près par Marthe Geoffroy. Cette dernière est même allée jusqu’à interpeller son ancien leader sur certaines lignes du dossier non sans sarcasme. « C’était épique mais surtout drôle », confie-t-elle. « Se voir poser des questions de cette nature sur des petits détails qui pouvaient déranger n’est pas très agréable. Ces attaques incessantes par, désormais, deux personnes, dégradent l’ambiance du conseil municipal mais cela n’aura pas de répercussions pour la ville », affirme de son côté le premier édile.

Concernant le contenu, Pierre-Jean Pudal présente « un budget modeste mais à l’équilibre ». « On arrive à la fin des gros projets de ce mandat et si l’on ne restera pas les bras croisés, l’objectif sera de renflouer les caisses de la commune et d’aller à la recherche de subventions pour les prochains grands projets comme la transformation du cloître en médiathèque. On ne va pas dilapider l’argent mais le capitaliser. Ce budget doit aussi encaisser les dettes passées du CAFI tout en poursuivant les animations, les secteurs délaissés par nos prédécesseurs, la mise aux normes handicapés… », détaille Pierre-Jean Pudal. L’union de gauche a cependant voté contre. « Le maire a énormément augmenté les dépenses réelles de fonctionnement en faisant appel à des prestataires extérieurs pour certains services comme le centre de loisirs ou le périscolaire alors qu’on a le personnel pour gérer ça. Au final, ces dépenses sont 1 million d’euros plus élevées qu’à notre époque. Moralité, il a moins de marge de manœuvre pour la section investissement. Quand notre équipe y injectait 1,2 Mx, celle-ci est limitée à 800 000 x », souligne Claire Pasut.

Conflit d’intérêts : ascenseur renvoyé

Cette séance du 17 avril a aussi été l’occasion pour Marthe Geoffroy, attaquée par le maire pour conflit d’intérêts, de renvoyer l’ascenseur en dénonçant à son tour des faits du même acabit : « J’affirme que monsieur le maire ne s’applique pas à lui-même ce qu’il impose aux autres, en l’occurrence moi, qui ai été démise de mes fonctions pour une suspicion de conflit d’intérêts. Je vais remettre prochainement dans les mains de la justice des documents prouvant un soupçon de favoritisme et un conflit d’intérêts sur un dossier financier qui a contribué à des activités pédagogiques de l’école bordelaise d’une de ses filles alors que nos écoles manquent terriblement de moyens et qu’il y avait une action similaire menée dans une de nos écoles au même moment. » Les faits porteraient sur une somme d’environ 1 000 € selon Marthe Geoffroy qui défend ici « le principe ». Stop ou encore ?   

Dimitri Laleuf

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