Pujols // Le monde s’invite à la maison


« Nous voyageons ainsi à domicile en quelque sorte » – Christophe Mandaroux, président de l’association « Aux couleurs du monde »

Voilà dix-huit ans que le festival Aux couleurs du Monde fait venir en Lot-et-Garonne l’ensemble de la planète. L’idée est née à Casseneuil, à l’initiative de Monique et Gilbert Broit. Ils étaient alors les logeurs principaux des artistes programmés. Quand le festival a connu un temps d’arrêt, ils ont refusé qu’il meure. Gilbert Broit, alors président du comité des fêtes de Pujols, récupère le bébé et le fait grossir. Il se met en relation avec un responsable d’une ONG, le Cioff, présent à l’Unesco.

Le Cioff, séduit par le projet, s’attelle alors à trouver les groupes susceptibles d’entrer dans la programmation d’« Aux couleurs du monde ». Le festival grossit d’année en année. Il y a six ans, Gilbert et Monique passent la main : « Mais nous avons préservé l’esprit de famille du festival » explique Christophe Mandaroux, président de l’association. « Il est le fondement même de l’événement ».

Un part du monde chez soi

Rien n’a changé ou presque en dix-huit ans dans l’organisation d’« Aux couleurs du monde ». La programmation se décide en fonction de critères bien définis : « Ce sont des groupes labellisés qui ont au moins deux ans d’existence, qui assurent une qualité de spectacle dans la pure tradition folklorique et des costumes » explique Christophe Mandaroux. « C’est le Cioff qui se charge de nous proposer des groupes en fonction de leurs disponibilités. Nous faisons deux réunions par an pour caler la programmation ».
Et si pour l’administratif, les tourneurs s’en occupent, les organisateurs ne sont pas à l’abri de mauvaises ou bonnes surprises : « D’année en année, l’obtention des visas et papiers pour faire tourner des artistes étrangers en France est de plus en plus compliquée. Et on a été confronté plus d’une fois à des annulations de groupes au dernier moment à remplacer au pied levé ». Mais le plus gros travail pour l’association pujolaise est d’héberger et de nourrir quelques 150 artistes venus du monde entier : « Et là, ce sont les bénévoles qui s’y collent » raconte Christophe Mandaroux. « Sans eux, nous ne pourrions mener le festival à bien, financièrement ». Les groupes sont donc logés chez l’habitant… Qui fait ainsi venir chez lui, une petite partie différente du monde chaque soir : « Ce sont des moments magiques. Souvent, les artistes se collent aux fourneaux pour nous faire goûter les spécialités de leur cuisine. Et souvent cela se termine en fête jusque tard dans la nuit. Nous voyageons ainsi à domicile, en quelque sorte » remarque Christophe Mandaroux.
En dix-huit ans d’existence, « Aux couleurs du monde » n’a pas pris la folie des grandeurs et ce malgré des entrées en constante augmentation de 10% chaque année : « Nous n’avons d’autres projets que de remplir chaque soir la salle du Palay » annonce Christophe Mandaroux.

Annabel Perrin

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