Quand la musique adoucit les mômes


Lorsque le coeur de Bastide était entré dans le cadre de la politique de la Ville, certains ont tonné, argumentant que le centre-ville villeneuvois considéré comme une zone pauvre, allait subir les aléas d’une image négative. En cette rentrée 2015, la municipalité vient prouver qu’il y a quelques avantages à entrer dans la politique de la ville. En effet, elle lance dans les cinq écoles que sont Paul Bert, Buisson, Saint-Exupéry, Lecomte et Jean Jaurès, un vaste programme lié à la pratique d’activités artistiques. 562 élèves, de la maternelle au CM2, vont profiter de pratiques originales liées à la musique et au son : « Nous voulions un projet global pour les écoles, et que ce projet ne soit pas un coup de pied perdu dans le temps » explique Ghislaine Claudel-Dourneau, déléguée à la Réussite scolaire. « Nous voulions également qu’il reçoive l’aval de l’Éducation nationale et ne soit pas cantonné au temps d’activités périscolaires pour que l’école concernée y soit entièrement impliquée ».
Les cinq écoles ont chacune un parcours propre, défini après un travail de collaboration étroite entre les écoles d’art, de musique, le centre culturel et les élus concernés : « Ce travail a permis des échanges étroits entre écoles artistiques, instituteurs et élus » ajoute Ghislaine Claudel-Dourneau. « Mais avant tout, nous tenions à ce que la pratique culturelle soit accessible à tous, quelque soit le milieu social des enfants et la sensibilité des parents à l’artistique. Pour moi, c’est essentiel pour en faire des citoyens ouverts sur le monde ».

Symphonies à Paul Bert
Si certains bambins sont promis à aller découvrir la sorcière Baba Yaga au Capitole de Toulouse ou d’autres à imager un son, à l’école Paul Bert, on se lance dans l’ambitieux projet de constituer un orchestre sur plusieurs années : « Nous ne sommes pas les premiers à lancer « l’orchestre à l’école », d’autres expériences ont été menées en France et se sont révélées être une réussite » explique Ghislaine Claudel-Dourneau.
25 élèves de CE2 vont donc constituer un ensemble de tubas, trompettes et percussions, dirigés par des intervenants de l’école de musique. Un jeune orchestre qui prendra de la bouteille au fil des années jusqu’à la fin de leur CM2 pour, peut-être, venir jouer lors des commémorations officielles : « Les instruments leur seront prêtés. Ils les ramèneront à la maison. C’est une manière d’impliquer la famille dans le projet » souligne Ghislaine Claudel-Dourneau. Loin des enseignements rigides que l’on imagine au conservatoire, l’orchestre à l’école est là pour rendre le temps scolaire moins rébarbatif et ainsi changer pour certains élèves leur perception du milieu scolaire : « Pour des élèves en difficulté, faire partie d’un orchestre leur donne une place différente de celle de cancre. Cela renforce souvent leur estime de soi. C’est aussi un moyen d’apprendre le collectif et la solidarité » ajoute l’élue.
Pour Laurence Lamorlette, déléguée à la Politique de la ville, ce projet était primordial : « Nous avons dû faire des choix budgétaires difficiles, notamment sur la saison jeune public de la CAGV. Or, l’accès à la culture pour les plus jeunes reste pour nous prioritaire ».

Annabel Perrin

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