SUA-LG – Rencontre // William Demotte, le (gol)goth agenais


Depuis son arrivée au club en 2012, Marc Giraud l’appelle affectueusement « le Chleuh ». « Il trouve que je ressemble à un Allemand… Moi non », raconte laconiquement William Demotte. Le deuxième-ligne du SUA LG n’est pas vraiment un bavard. Du moins pas devant les journalistes : « Je ne suis pas du genre à évoquer mes états d’âme ou laisser transparaître mes émotions. » Avec son naturel taciturne, ses 2,02 mètres sous la toise et ses 124 kilos, mieux vaut ne pas le contrarier. Et pourtant, il reconnaît être « un vrai déconneur dans le vestiaire ». Comme quoi les apparences sont parfois trompeuses.

Sévère mais juste

Mais ce qui ne trompe pas, c’est la progression du golgoth lot-et-garonnais. Jean-Jacques Crenca et Mathieu Blin ne s’y sont pas trompés. En l’absence d’Api Ratuniyawara parti à la Coupe du Monde, William Demotte a su gagner ses galons de titulaire aux côtés de la révélation Tom Murday. Et avec la blessure de ce dernier, il devrait conserver sa place dans le XV type. Sa propension à briller dans les tâches obscures est précieuse pour le Sporting. D’autant que le gentil géant ne l’est pas tant que ça vis-à-vis de ses adversaires. « Je pense ne pas avoir trop mal joué pour ce début d’exercice. Je suis un peu passé au travers contre Toulouse mais ça a été mieux après », estime-il avec lucidité.
Quant à sa prestation et celle de ses coéquipiers le week-end dernier, il ne se défile pas : « Contre l’UBB, on a pris une claque dans la gueule (sic). Tout le monde est à blâmer parce qu’on n’a pas respecté le plan de jeu. C’est assez grave. Il y a vraiment des choses à regretter. Si on doit tomber, on doit au moins le faire les armes à la main. Il faut se remettre, individuellement et collectivement, la tête à l’endroit et travailler encore plus dur. Être à 100% ne suffit pas. » Sévère mais juste. Comme l’exigence qu’il s’impose à lui-même pour porter haut les couleurs du SUA, son « club de coeur ».

Clermontois de naissance, Agenais de coeur

Curieux, quand on sait que le jeune homme de 24 ans est né à Clermont-Ferrand, qu’il a été biberonné aux exploits des pensionnaires du stade Michelin et qu’il a été formé chez les Espoirs de l’ASM. « Je regrette que Clermont ne m’ait pas donné ma chance à l’époque. Ici, ils m’ont fait confiance donc je me sens vraiment Agenais », affirme-t-il avec conviction. Et pour le coup, difficile de lui reprocher de ne pas mouiller sa tunique bleue et blanche. Au-delà du terrain, « le Chleuh » prend de plus en plus d’importance dans le vestiaire d’Armandie. Une bonne nouvelle pour le Sporting qui aura besoin de ses cadres pour se remettre d’aplomb à La Rochelle.

Dimitri Laleuf

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0

Tags:

Laisser un commentaire

Pas de Commentaires

Les commentaires sont fermés