Royal boucle sa ceinture, direction Rio


Il a le prénom et les couronnes qui vont avec. Mamafalindrainy Royal Rakotoarivony, plus communément appelé Royal, est à 21 ans déjà cinq fois champion de Madagascar de judo. Mais ce qu’il convoite secrètement, ce sont les lauriers olympiques. Avant de réaliser ce rêve, encore faut-il se qualifier pour la plus prestigieuse des compétitions sportives qui se tiendra à Rio en août prochain. En vue de cet objectif, le jeune homme s’est attelé à un programme de préparation très intense avec un Villeneuvois à la baguette : Didier Cucchi.

Sur le tard
Le président du Judo Club de Villeneuve a rencontré Royal il y a quatre ans à Antananarivo, où il va régulièrement former des jeunes. « Ce qui m’a tout de suite plu chez lui, c’est sa capacité d’écoute. Il absorbe tous les conseils qu’on peut lui prodiguer comme une éponge, explique Didier Cucchi. Et bien sûr, il y a son talent. » Royal n’en manque pas, en effet. Surtout qu’il a rejoint les tatamis sur le tard. Son truc à lui, c’était plutôt le kung-fu. « Quand j’ai découvert le judo à l’âge de 15 ans, je trouvais que c’était un sport de fille. On pratiquait le kung-fu sur le ciment, et les judokas se tiraient le kimono sur des tapis. Et puis on m’a initié et je me suis rendu compte à quel point cette discipline est difficile », raconte Royal. Le judo reste une « école de l’humilité » très formatrice. Le natif de l’Île Rouge, par ailleurs titulaire d’une licence en commerce international, a surmonté les obstacles pour rencontrer le succès très rapidement, au point de devenir invincible sur ses terres. L’heure était venue de quitter le nid pour se trouver de nouveaux adversaires.

Au Paris Grand Slam demain
Un visa de trois mois et le voilà débarqué en Lot-et-Garonne le 13 janvier dernier. Première étape : se montrer au Paris Grand Slam dès demain. Ce tournoi, considéré comme ce qui se fait de mieux après les Mondiaux et les JO, permettra à Royal d’entrer dans le classement mondial des moins de 73 kilos et de se jauger au plus haut niveau. Après ce galop d’essai, il regardera vers les Championnats d’Afrique, organisés à Tunis en avril prochain. L’ambition y sera tout autre. Un podium sinon rien. En se classant parmi les trois premiers, Royal serait pratiquement assuré d’obtenir une wild card accordée par son pays pour les Jeux. Du coup pas le temps de bavasser. Ça tombe bien, le garçon n’est pas bavard. Tous les jours, il passe six heures à l’entraînement au dojo de la Myre-Mory et travaille son spécial, comme on dit dans le jargon. Uchi Mata, le même que son coach qui ne peut s’empêcher de se « revoir dans ses belles années » à travers son poulain.

Dimitri Laleuf

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