Rugby : Fumel-Libos et Tournon à la croisée des chemins


Une partie de l’avenir du rugby en Fumélois se jouera ce soir. Ce vendredi 25 mai, l’US Fumel-Libos tiendra son assemblée générale et décidera ou non d’approuver la fusion avec le rival de toujours, l’US Tournonnaise. Un mariage de raison souhaité de longue date du côté du beffroi par le président Jean-Paul Mirabel et désormais porté sur la rive droite par Serge Bousquet-Cassagne, candidat à la présidence. « Nous n’en serions pas là s’il y avait des responsables à l’USFL. Les trois co-présidents démissionnent à la fin de la saison, il n’y a pas de bureau cohérent et on ne sait même pas qui va voter lors de l’AG… », déplore celui qui est également président de la Chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne. Serge Bousquet-Cassagne a ainsi décidé de prendre les choses en main. Il présentera une liste dont le projet sera d’acter la fusion d’ici la reprise. « M’investir autant n’était pas mon idée première mais à partir du moment où j’ai décidé de le faire, je m’engage à fond ! », affirme-t-il.

La fusion, « une évidence »

Pour Jean-Paul Mirabel et Serge Bousquet-Cassagne, l’union des deux unions est « une évidence ». « Il faut réunir nos forces pour mettre le rugby en avant. Nous faisons face à un manque d’effectif évident pour le niveau Fédérale 3. Certains de nos jeunes partent vers le SUA et d’autres vont dans les grandes villes pour suivre leurs études. On est obligés d’aller chercher des joueurs à l’extérieur. Cela a un coût que personne n’a les moyens d’assurer. On éprouve aussi depuis quelques années de grandes difficultés à nouer des partenariats. Avec Fumel, nous en avons beaucoup en commun et à force de leur soutirer des subsides, le filon commence à s’épuiser… », détaille Jean-Paul Mirabel. Son (peut-être) futur homologue de renchérir : « Sportivement, on a atteint nos limites. Fumel a fini neuvième de sa poule en Fédérale 3, Tournon septième de la sienne. Pas de qualification… cela ne fait pas bander les sponsors (sic). Les deux clubs se neutralisent et cela enlève toute visibilité en dehors du derby… qui ne se joue même plus puisque les deux ne sont pas reversés dans la même poule. En revanche, les partenaires emblématiques et potentiels s’enthousiasment à l’idée de la fusion. » 

La jurisprudence Biarritz-Bayonne

En misant sur une augmentation du réservoir de talents et de nouvelles rentrées d’argent, les porteurs du projet espèrent donner une nouvelle ambition au rugby en Haut-Agenais. « Ensemble, nous pouvons légitimement viser la Fédérale 2 et pourquoi pas la Fédérale 1 », estime Serge Bousquet-Cassagne. Un beau programme qui ne devrait cependant pas satisfaire tout le monde. L’historique entre les deux équipes anime les passions au niveau local. « Le charme des rivalités a surtout un coût extraordinaire qui n’en vaut pas la peine », avance le candidat fumélois. « A une autre échelle mais pas si différente, le Biarritz Olympique et l’Aviron Bayonnais sont restés sur leur position à cause d’une guéguerre entre dirigeants faisant avorter la fusion. On voit aujourd’hui où ça les conduit (ndlr, aucun des deux n’est présent en Top 14, Bayonne a fini péniblement 8e et le BO est relégué en Fédérale 1 pour raisons financières malgré les deux plus gros budgets du championnat derrière Grenoble). Si on ne bouge pas aujourd’hui, arrivera ce qui arrivera… », analyse Jean-Paul Mirabel. Ce dernier précise que la fusion, sans faire l’unanimité au sein du club, est très largement plébiscitée par le bureau. Les cartes sont donc entre les mains des responsables de Fumel-Libos.  

Dimitri Laleuf

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