Sainte-Colombe :  comment naît une ZAD ?


Samedi dernier, à 11h45 précises, la « zone à défendre » (ZAD) de Sainte-Colombe-en-Bruihlois est née. Son acte de naissance a été officialisé après une assemblée générale des militants et de leur hôte, Joseph Bonotto, un agriculteur dont les terres sont concernées par un projet de zone économique. C’est ainsi que la première ZAD de Lot-et-Garonne est apparue.

A qui l’initiative ?
Eh non, une ZAD n’apparaît pas de façon spontanée. Dans le cas précis de Sainte-Colombe, c’est à l’invitation de Joseph Bonotto que sont venus les militants. « J’étais isolé, perdu devant la grosse machine administrative qui veut m’exproprier de mes terres », précise l’exploitant agricole. Il se tourne alors vers l’association basée à Marseille, Filière Paysanne, pour mobiliser le réseau des militants zadistes. « C’est la première fois que l’on participe à la création d’une ZAD, explique le président de l’association, Jean-Christophe Robert, nous avons répondu à l’appel d’un paysan, à l’appel de la terre. »

Qui sont les zadistes ?
Isabelle, Alex, Frédéric et quelques autres étaient déjà là la veille de l’acte de naissance. Jeunes trentenaires, ils voguent de ZAD en ZAD et alimentent les réseaux sociaux, véritables catalyseurs de la mobilisation (1). Sivens bien sûr, mais aussi le Testet ou Notre-Dame-des-Landes sont des étapes dans leur tour de France des lieux d’occupation. « Mais on n’est pas des moutons, rectifie Isabelle, c’est pas parce qu’on fait appel à nous qu’on vient. » Dans le cas lot-et-garonnais, c’est « l’artificialisation des terres » et le « bétonnage » qui sont mis en avant. De même que la défense « d’un agriculteur qui voulait léguer ses terres à ses enfants ». Et qu’importe si la version des porteurs du projet de technopole Agen-Garonne est différente, présentant Joseph Bonotto comme un spéculateur et promoteur… D’autres élus, principalement les Verts, les organisations syndicales (MODEF, Confédération paysanne) sont aussi au soutien.

Des règles, mais pas de chef
« Tous ceux qui adhérent à notre charte sont libres de venir ». Elle prévoit de « valoriser les zones d’actitivité qui existent déjà », « arrêter les projets hors centre-ville alors que des commerces y meurent » et « cultiver la terre ». Alex fait partie des zadistes les plus chevronnés, mais n’est pas le « chef ». « Je suis juste venu donner un coup de main… » mais son expérience en fait une personne ressource. « Maintenant il faut construire un camp, savoir que ce que l’on va faire sur les terres… » « Les cultiver et vendre ou donner les légumes que l’on produira », répond-on dans l’assistance. En attendant de récolter les fruits de leur engagement politique, à savoir le retrait du projet de technopole…

Gauvain Peleau-Barreyre

(1) Page Facebook  : Zad 47 ou site Internet zadagen.org

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