Sainte-Livrade // La quadrature du cèdre


A Sainte-Livrade, du côté du lycée agricole et du CFA, on vit une situation en passe de devenir kafkaïenne. Au départ, le projet semblait des plus prometteurs. Le CFA allait enfin retrouver des locaux et des équipements neufs et aux normes, contrairement à ceux que l’établissement d’apprentissage occupe actuellement.
Depuis 2008, année de l’accord de la Région pour financer les travaux, élèves, enseignants et personnels l’attendaient… Les plans architecturaux se dessinent, l’un d’entre eux est retenu, le permis de construire est déposé… Et c’est à ce moment que certains enseignants du lycée agricole adjacent se rendent compte que la construction du nouveau bâtiment entraîne l’abattage de quatre cèdres âgés de 150 ans… : « Nous sommes tombés par hasard sur les plans » explique David Cau, enseignant au lycée agricole. « C’était en avril dernier, trop tard a priori pour revenir sur l’implantation du site ».
« Le truc, c’est que personne n’a été consulté en interne… Même pas le conseil d’administration » ajoute Claude Soulier, enseignante au lycée agricole. « Dès que nous nous sommes aperçus que les cèdres étaient menacés, nous nous sommes mobilisés ».

Pourtant, l’espace existe

Les deux professeurs se demandent encore comment la situation a pu en arriver là : « Surtout que nous ne manquons pas de terrain aux alentours… Il a fallu que le choix se porte justement là où les arbres sont implantés… 20 mètres de plus à gauche, et le problème ne se posait plus ».
Pour eux, l’erreur est partie du cadastre où ne figuraient pas les cèdres qui devaient être préservés : « Ils sont même qualifiés de cyprès ! Preuve que les architectes ne se sont jamais déplacés ici. Aujourd’hui, personne ne veut assumer. Et tous les arguments sont bons pour ne pas revenir sur la décision : accès handicapés, dangerosité des arbres… On nous accuse également de vouloir empêcher un projet qui créerait de l’emploi sur le secteur et de mépriser nos collègues du CFA » ajoute David Cau. « Nous ne sommes bien évidemment pas contre un nouveau bâtiment… La principale raison qui empêche tout changement d’implantation, est bien entendu que, si le projet est révisé, au stade où il en est rendu, les travaux seraient retardés de six à huit mois. »

Pétition en marche

Les défenseurs des cèdres voient peu à peu leurs rangs grossir. Ce qui était parti de la salle des professeurs du lycée agricole gagne les élèves, les riverains du site et enfin le département : « Nous avons lancé une pétition qui a recueilli à ce jour 1 080 signatures et parmi elles, certains élus… La mobilisation grandit et c’est ce qui nous donne de l’espoir » ajoute Claude Soulier.
Car il semble que la cause des cèdres est en passe de devenir symbolique : « Elle représente toute l’absurdité de notre société » explique David Cau. « Car, alors que nous allons abattre quatre arbres vieux de 150 ans et éléments primordiaux de notre patrimoine naturel, certains se vantent de construire à la place un bâtiment à haute technologie environnemental et écologique… On marche sur la tête ! »
Par deux fois déjà, l’abattage des cèdres a été repoussé… La prochaine échéance a été fixée au 20 octobre prochain… En attendant, la pétition court sur Internet sur le site d’Horizon vert et un stand sera présent sur le salon ce week-end pour continuer à recueillir des signatures… Le papier de la dernière chance pour des arbres centenaires.

Annabel Perrin

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