Sauvés par le gong


Dans tout juste dix mois, Lulu Mazars et ses coéquipiers du BO en 2002 célébreront les quinze ans de leur sacre conquis un soir de juin au Stade de France au terme d’une prolongation où le Basque avait mis fin aux espoirs agenais grâce à un drop dans les ultimes secondes de la rencontre. Pratiquement quinze ans plus tard, ce qui était une finale de championnat de France est devenue une  affiche de Pro D2. Ils étaient ainsi tout juste cinq mille hier soir à garnir les gradins d’Armandie… Et au vu de la rencontre, on ne pouvait pas en vouloir aux sept mille manquants de ne pas avoir fait le déplacement…

En panne d’agressivité
Est-ce la faible affluence ou les charmes de la toute nouvelle Miss Lot-et-Garonne venue donner le coup d’envoi qui perturbèrent la bande à Erbani bien amorphe à l’entame de ce rendez-vous pour nostalgiques ? Toujours est-il que la rencontre démarrait sur un faux rythme, les deux équipes enchainant fautes de mauvais goût et approximations. Malgré des velléités offensives certaines et l’envie d’emballer la rencontre, Agen se montrait incapable d’enchaîner deux temps de jeu. Pire, un relâchement coupable en défense sur un renvoi aux vingt deux mètres rapidement joué par l’arrière biarrot Hamdaoui offrait aux visiteurs le premier essai de la rencontre signé Le Bourhis et transformé par Maxime Lucu (13 à 6 Biarritz, 22ème). Le début du calvaire agenais pouvait alors débuter. Premier à se présenter à la porte d’entrée de l’enfer, Arthur Joly. Il assenait un coup de poing bien inutile sous les yeux de l’arbitre qui l’envoyait directement à la douche et laissait ainsi ses partenaires à quatorze pour le reste de la rencontre. Maxime Lucu en profitait lui pour meubler le planchot et le BO sans montrer grand chose prenait le large (+10, 30ème). Satan observait sûrement un brin goguenard tandis que la panique gagnait peu à peu les rangs agenais. Désorganisés, en manque flagrant d’agressivité, les Bleus et blancs semblaient alors bien mal embarqués. D’autant que Burton manquait la cible au contraire de Lucu qui ajoutait trois points de plus à deux minutes des citrons. Le make up de Miss Lot-et-Garonne commençait à fondre et l’énervement à gagner les tribunes d’Armandie… Au bord de la crise de nerf, les hommes d’Antoine Erbani s’évitaient une bronca… d’enfer en trouvant une première brèche dans la défense biarrote sur le gong. Abadie jouait parfaitement un petit côté, bien relayé par ce diable de Sadie qui offrait un caviar à Denos qui n’avait plus qu’à aplatir. Burton avait la bonne idée de transformer et Agen regagnait les vestiaires avec juste six points de retard. Un moindre mal…

Au bord de la crise de nerf
Réconfortés par cet essai, les Bleu et Blanc démarraient le second acte avec plus de conviction bien aidés, il est vrai, par des Biarrots qui accumulaient les fautes d’indiscipline. Kiernan et Bastien écopaient tour à tour d’un jaune et laissaient leurs coéquipiers à treize sur la pelouse. Dans ce dédale de fautes et de maladresses en tout genre, on pensait alors que les Agenais allaient pouvoir enfin prendre les manettes d’une rencontre tellement insipide que l’ennui gagnait peu à peu les travées d’Armandie. Mais Biarritz s’accrochait aux branches et pensait même  tenir sa victoire lorsque Maxime Lucu à cinq minutes de la fin portait l’avance des siens à six points. Agen était alors au bord du précipice. Mais Biarritz à force de déjouer et surtout d’oublier de jouer (merci qui, merci Fortassin) laissait une fenêtre inespérée à des Agenais qui s’offraient une balle de match sur une pénaltouche à deux minutes de l’issue de la rencontre. Mchedlidze se glissait dans le maul agenais et était porté par ses coéquipiers en terre promise ! Burton transformait et Agen s’offrait une victoire et un petit coin de paradis. Miss Lot-et-Garonne retrouvait tout d’un coup des couleurs tandis que le staff célébrait cette deuxième victoire de la saison comme un titre de Miss Univers…

Cyril Récondo

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