Se serrer la ceinture pour pouvoir investir


Le 24 mars prochain, pour la première fois, le conseil municipal devra voter les orientations budgétaires pour l’année 2016, conformément aux dispositions de la nouvelle loi NOTRe, régissant désormais les collectivités territoriales. Et avant de passer l’étape démocratique, les orientations budgétaires faisaient l’objet d’un rapport obligatoire devant le conseil ce jeudi soir.
Et, comme c’est le cas depuis le début des mandats municipaux, la tendance n’est pas aux dépenses dispendieuses, mais bien à celle des économies partout où l’on peut. Et c’est finalement peut-être en temps de disette financière que les sensibilités politiques se font le plus sentir.
A Villeneuve-sur-Lot, on se doit de retrouver quelque deux millions d’euros en deux ans pour espérer réinvestir sur des projets urbains conséquents comme la piscine du stadium transformée en lieu d’accueil des jeunes, le regroupement des centres de loisirs sur le site de Descartes ou encore l’aménagement des berges du Lot, rive gauche entre autres… Et la municipalité en place a décrété de sacraliser certains postes de dépenses. Pas question donc de toucher aux subventions des associations qui resteront « globalement inchangées, tout comme le budget alloué à la saison culturelle du théâtre  » précise Patrick Cassany, maire de la ville. Côté recettes, hors de question non plus de revoir à la hausse la fiscalité sur les particuliers. Pour trouver de quoi compenser les baisses de dotation de l’état de 600 000 euros par an, il reste très peu de marge de manoeuvre au sein de l’Hôtel de ville.

Masse salariale et économies
Et c’est en lorgnant du côté de la masse salariale que l’équipe en place compte récupérer 1,6 millions d’euros, un poste qui, sur le camembert du budget, représente 62% des dépenses : « Nous avons un personnel vieillissant qui progresse en points de carrière et donc en salaires, sans compter les charges sociales qui ont tendance à augmenter » soulignait Philippe Kopp, nouveau directeur financier à la ville et à l’agglo. Il a dont été décidé de ne remplacer qu’un seul départ à la retraite sur deux ce qui représente 24 postes : « Sur quatre personnes qui partent, deux ne seront donc pas remplacées, une le sera par un emploi aidé et la quatrième par un effet de mobilité entre services » ajoute Philippe Kopp. Une mobilité facilitée par le début de mutualisation des services entre ville et communauté d’agglomération.
Autre front pour mener des économies substantielle, celui des dépenses de fonctionnement qui doivent, elles, baisser de 5% par an durant deux ans : « 2016 sera une année de réflexion  pour les services avec comme objectif d’économie ces 10% d’ici 2018 » ajoute Philippe Kopp. « Cette situation n’est pas spécifique à Villeneuve, mais se retrouve dans les villes moyenne, centre d’un territoire et qui supportent à elles seules les dépenses de fonctionnement de beaucoup de services à la population ».
Le rapport pluriannuel des orientations budgétaires table donc, si la situation ne change pas d’ici là, notamment avec l’échéance des présidentielles, d’arriver à une capacité de remboursement de la dette sur un peu plus de 7 ans en 2019, un chiffre qui permettrait alors « de pouvoir de nouveau investir à la hauteur de ce qu’une ville comme Villeneuve réclame » ajoute monsieur le maire.   

Annabel Perrin

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