Un « serious game » pour s’a-musée


Les œuvres d’art des siècles passés ont-elles leur place dans le monde du numérique et des écrans ? L’équipe du musée des Beaux-arts d’Agen semble penser que oui. Après l’achat d’une vingtaine de tablettes tactiles, le nouveau conservateur Adrien Enfedaque était heureux de présenter la semaine dernière le « serious game ». Un jeu immersif à base d’énigmes qui pousse le visiteur à déambuler dans le musée pour trouver les réponses. « Ce nouveau dispositif va permettre de capter un nouveau public, celui des adolescents, en le faisant entrer dans le musée d’une façon un peu plus ludique », explique Laurence Maïoroff, adjointe au maire en charge de la Culture. Plus d’un an de travail a été nécessaire pour mettre au point ce serious game. Le scénario, plusieurs fois retouché, a été élaboré par la médiatrice Stéphanie Waldt. « Le plus important était de faire aimer le jeu, d’où le choix de porter l’intrigue sur la mythologie qui plaît dès le collège, avec quelques touches d’humour », précise-t-elle. 30 à 45 minutes sont nécessaires pour retrouver la dizaine de toiles disséminées dans différentes salles et répondre aux questions sur la tablette avant le dénouement final, farouchement tenu secret. « Le musée devient en quelque sorte un labyrinthe. C’est un lieu un peu fait pour se perdre. On peut imaginer que le serious game ne soit qu’une porte d’entrée et que les joueurs restent un peu plus longtemps pour admirer les collections »,  espère Adrien Enfedaque.

Un jeu tous publics

Les premiers tests avec deux élèves d’arts plastiques du lycée Palissy se sont révélés concluants : « On est vraiment plongé dans le jeu, grâce notamment aux graphismes et aux ambiances sonores (ndlr, réalisés par Sébastien Gat) », soulignent Emma et Louise. La cible semble apprécier le concept. « Mais rien n’empêche les plus grands de se prendre au jeu, ajoute Adrien Enfedaque. On peut également venir essayer en famille. » Pour les touristes étrangers, une version anglaise identique a été développée. Le concept pourrait aussi toucher le monde professionnel. « On a de plus en plus d’entreprises qui souhaitent pouvoir participer à des animations au musée dans le cadre de séminaires par exemple », poursuit le conservateur du musée. La mise en place du serious game vient ponctuer la première phase de développement numérique du musée des Beaux-arts. Par la suite, un nouveau site internet, dédié à la structure, devrait voir le jour, « pour faire entrer la culture encore un peu plus dans le XXIe siècle », estime Laurence Maïoroff.

Dimitri Laleuf

Jusqu’au 10 juillet, la location d’une tablette tactile est gratuite pour les moins de 26 ans (sinon, 2€). Infos au 05 53 69 47 23.

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