SUA LG – CS Bourgoin-Jallieu // Vendredi 27 janvier à 20h au Stade Armandie : Se méfier de la bête blessée


A la fin des années 90 ou au début des années 2000, l’affiche de ce soir aurait été un sommet du rugby français entre deux des meilleures formations de l’élite. Les choses ont bien changé depuis. Bourgoin et Agen ne visent plus le Brennus et doivent se contenter d’une antichambre aux allures de cimetière des éléphants pour anciennes places fortes de l’ovalie. Mais la douloureuse comparaison s’arrête là. Car les deux clubs connaissent des destins bien différents. Empêtrés dans des difficultés financières inextricables, les Isérois se battent chaque année pour éviter de jouer en Fédérale, quand ils n’y sont pas relégués. Ils devraient d’ailleurs retrouver cet échelon dès le mois de juin. Bons derniers du championnat, les Berjalliens n’ont que 19 points au compteur, grâce à trois petits succès et un nul. A l’extérieur, le bilan est même catastrophique. Depuis le bonus pris à Narbonne lors de son premier déplacement de la saison, le CSBJ cumule en moyenne 20 points de retard sur ses adversaires à chaque sortie. Tandis qu’Agen, de son côté, joue les premiers rôles. De Pro D2, certes, mais premiers rôles quand même. Il y a donc une classe d’écart entre les deux équipes qui fouleront la pelouse d’Armandie ce soir. De quoi envisager une soirée sans encombre après avoir enchaîné Colomiers, Montauban, Aurillac, Mont-de-Marsan et Biarritz ?

« Les respecter comme une grosse écurie »

« Si tu commences un match en te disant cela, tu n’as rien compris et tu vas en prendre 40 devant ton public. C’est justement là que c’est le plus dangereux », rétorque Arthur Joly. A l’image de ses coéquipiers, le pilier agenais ne va donc rien changer dans sa préparation. Et pour cause. « Le CSBJ est une équipe fidèle à son image. Ses valeurs se sont même renforcées avec les difficultés. Les mecs se battront tout le temps, jusqu’au bout, même s’ils sont largement dominés », insiste Arthur Joly qui connaît bien la maison pour y avoir passé une saison en 2011-2012. « Ils sont peut-être lanterne rouge. Mais si on faisait un classement de l’engagement, de l’investissement, de l’envie d’aller se faire mal ensemble, je mettrais Bourgoin sur le podium sans hésiter. Ils mouillent le maillot quelle que soit la situation, avec leurs moyens. La meilleure façon de gagner sera de les respecter comme une grosse écurie. Si on ne fournit pas le SMIC du rugbyman, comme en première mi-temps contre Biarritz, ce sera très difficile », renchérit l’entraîneur des avants Mauricio Reggiardo. Il faut toujours se méfier de la bête blessée.

Pallier les blessures

Et cet animal venu du froid – même si le Lot-et-Garonne frissonne aussi en ce moment – est redoutable sur les ballons portés. La solidité et la solidarité défensives des Bleu et Blanc seront donc l’une des clés de ce match. Les nombreux blessés (14) côté agenais obligent le staff à puiser dans son réservoir et à proposer des configurations inédites comme une troisième ligne uniquement composée de numéros 8 ou une paire de centres bien juvénile. L’objectif de prendre les cinq points d’une victoire bonifiée sera peut-être compliqué à réaliser mais impossible n’est pas suaviste.

Dimitri Laleuf

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