Sua-Lg dans les coulisses // Jean-Baptiste Roidot, adjugé…conservé !


Avec son look « Hipster » tout droit sorti de Manhattan, cheveux en bataille et barbe de corsaire, Jean-Baptiste Roidot est loin de passer inaperçu. Surtout quand il balade son double mètre avec une certaine  nonchalance dans les travées d’Armandie. Les nostalgiques des secondes lignes à « l’ancienne » aux allures de barbare tout droit sorti d’une BD de Rahan, c’est sûr, doivent se poser bien des questions quand ils le croisent. Si côté look il dépareille de ses aînés (mais comment lui en vouloir !), il y a en revanche un trait de caractère commun à la longue histoire de ces combattants de l’ombre : le garçon est timide dans la vie et ses mots valent une poignée d’or tant ils sont rares.
Et pourtant le personnage, outre ses talents de rugbyman, cache de nombreux trésors. Là encore loin de l’image d’Epinal qui accompagne habituellement le numéro 5 floqué sur sa tunique : « J’ai une licence de droit et deux années d’histoire contemporaine, car je veux devenir à terme commissaire-priseur »  explique ce dernier, qui envisage de passer à terme le très relevé concours donnant accès à la profession. « Le rugby c’est parfait mais j’ai besoin aussi de m’ouvrir vers d’autres univers pour être vraiment bien. Mes années de fac, je les ai faites sans aucun aménagement, comme tout un chacun. C’était un choix personnel car je voulais vraiment me mélanger avec les autres étudiants. Et ne pas penser rugby toute la journée. »
S’il avoue sans détour que certaines de ses journées étaient « plus que bien remplies » lors de ses années universitaires, l’ancien pensionnaire de Bourgoin, Biarritz et Carcassonne, international chez les moins de vingt ans, regrette presqu’aujourd’hui cette période : « J’ai un manque c’est vrai. Etudier, ça te permet de t’enlever une certaine pression par rapport à ton quotidien de sportif. »

Une intégration réussie

Après avoir démarré le rugby à l’âge de 16 ans à Chagny, il est de suite remarqué par le club de Bourgoin. Ancien athlète, coureur de fond et lanceur de poids, le garçon se révèle chez les bleuets avec lesquels il dispute deux Coupes du monde. Biarritz jette alors son dévolu sur le garçon originaire du Creuset. Las pour ce dernier, après deux saisons sur la Côte basque, son contrat n’est pas renouvelé. Carcassonne flaire alors la bonne affaire : « Là-bas, j’ai beaucoup appris car tous les week-ends c’était un peu comme si on partait à la guerre » se marre l’intéressé. « Quand tu viens de Biarritz, le choc culturel est immédiat. Finies les paillettes du Top 14, place à la besogne ! Pour un avant, c’est une expérience très enrichissante, c’est sûr. Franchement c’était super. »
Etudiant le jour, « combattant » le soir, le garçon est donc légèrement schizophrène. Sur les berges de la Garonne ralliées cet été, il a choisi, pour une fois, de ne penser que rugby : « Avec Agen, c’est un nouveau défi qui s’annonce. Il faut d’abord que je prenne mes marques, que je ne me disperse pas. Le début de championnat a été compliqué. Malgré tout, le groupe m’a très bien accueilli. Le stage d’avant-saison m’a vraiment permis de m’intégrer dans cette belle équipe. »Le futur commissaire-priseur juge-t-il la « pièce » agenaise digne d’intérêt pour un acquéreur : « Oui car le championnat est encore long et que tout peut se passer. Je crois que parier sur nous serait un bon investissement ! Il faut juste éviter de trop regarder le classement pour l’heure, et être patient. »

Cyril Recondo 

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