SUA LG // Leur faire la Pau


En l’espace de trois saisons, la Section Paloise et le SU Agen sont devenus de vieux amis, et plus si affinités, dont les routes ne cessent de se croiser. Mais samedi, ce joli couple s’offrira une dernière danse avant de faire un petit break. En effet, les Béarnais se sont donné les moyens de prolonger très certainement leur bail dans l’élite pour au moins une saison supplémentaire. Ce n’est pas le cas des Lot-et-Garonnais, condamnés à retrouver l’étage inférieur. On s’en était convaincu après la défaite à Charles-Mathon, le score d’Agen-Montpellier (21-45) ne faisant que rappeler la véritable place du Sporting dans l’actuelle hiérarchie du rugby français.
Qu’est-ce qui sépare Pau de ces chers suavistes ? Cinq millions et demi d’euros dans les caisses avanceraient certains. La présence de deux champions du monde comme Conrad Smith et Colin Slade diraient d’autres. Ça doit aider, c’est certain. Mais l’équipe dirigée par Simon Mannix a aussi fait de son Stade du Hameau une véritable forteresse où seules deux équipes ont réussi à s’imposer tandis que sept autres s’y sont cassé les dents. Hormis sa double victoire sur Montpellier, la Section n’a pas signé d’exploit retentissant, elle a simplement fait le job à la maison avec une grosse défense quand Agen prenait l’eau plus souvent qu’à son tour.

Marquer son territoire
En dehors de ces aspects, le niveau de jeu, lui, ne souffre pas d’un tel écart. Le SUA est certes moins constant que son homologue pyrénéen mais il a des arguments à faire valoir. Agen doit marquer son territoire. La défaite pour deux petits points début novembre a laissé un arrière-goût amer, dû en partie au mutisme de l’arbitre Salem Attalah dans les derniers instants alors que le pack vert et blanc était à l’agonie. « On a une revanche à prendre », assure le talonneur Jalil Narjissi. Et d’ajouter : « C’est un concurrent direct ». Il y a quelques semaines, cette notion avait encore du sens. Mais le suspense quant à l’issue de la saison a depuis déserté. « Jal » le sait très bien. Cette tournure délibérément choisie énonce simplement l’un des enjeux restants pour ces sept dernières journées.
Parmi ses trois succès de l’année (en 19 journées de Top 14…), le Sporting a vaincu le Racing, le Stade Français et La Rochelle. La première équipe citée n’avait pas encore lancé son championnat. L’autre club francilien n’est que l’ombre de lui-même depuis le mois d’août. Seule la victoire contre l’ASR peut-être considérée comme une victoire logique, et non anecdotique. « On ne peut pas se contenter de ces matchs-là », poursuit le plus capé des Agenais. Battre Pau à Armandie, au même titre qu’Oyonnax ou Brive un peu plus tard, c’est s’offrir le scalp d’une formation de même calibre et montrer qu’il n’y a pas de quoi rougir.

Dimitri Laleuf

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