SUA-LG – Portrait // Bautista Güemes, entre ombre et lumière


A l’image de son idole Carlos Spencer, Bautista Güemes avance dans l’ombre. Dans sa carrière internationale, le fantasque ouvreur des Blacks s’est tour à tour retrouvé barré par la sobriété d’Andrew Mehrtens puis l’éclosion du jeune Dan Carter. Idem pour le jeune numéro 10 argentin (25 ans) qui doit se contenter depuis le début de la saison des miettes laissées par Burton Francis et ses impressionnantes statistiques. Mais Bautista Güemes devrait rapidement avoir l’opportunité de montrer ses talents, en s’inspirant des prouesses de son équipe nationale à la Coupe du Monde. Pourquoi pas dès ce week-end, à La Rochelle. En attendant son heure, il continue de travailler dur afin de grappiller les minutes les unes après les autres. « Bien sûr que j’ai envie de jouer. Mais je ne suis pas frustré par ma situation. Le but est avant tout d’aider l’équipe », affirme-t-il. Bien élevé ce Bautista… Mais sa détermination est tangible et son implication dans le projet suaviste bien réelle : « Je voulais vraiment avoir cette expérience en Europe, pour grandir en tant que joueur. Par rapport à l’Argentine, le championnat français impose un rythme plus soutenu, avec plus de stress et un jeu plus rapide. C’est très intéressant et enrichissant d’évoluer en Top 14 ».

Buteur pour le titre

L’an dernier, il avait vécu une saison de transition un peu délicate dans le nord-est de l’Italie, au Benetton Rugby Trévise. Son statut de joker médical ne lui avait pas permis de fouler une seule fois les pelouses de la Celtic League. Mais son passif en URBA, le championnat de la province de Buenos Aires, pourrait bien intéresser le staff agenais. Redoutable perforateur, Bautista Güemes aime prendre les intervalles, jouant parfois comme un centre. Ses 20 essais marqués en l’espace de quatre saisons sont là pour en témoigner. Il est aussi un très bon plaqueur – « j’adore défendre » glisse-t-il – doublé d’un buteur fiable (814 points au compteur en 73 matchs). C’est d’ailleurs avec la plus grande sérénité qu’il a offert en 2013 le titre de champion à son équipe, le CU Buenos Aires, à la dernière minute après quatre longues décennies de disette. « Incontestablement le plus grand moment de ma carrière », concède celui qui fut à ce moment-là célébré en héros. Peut-être aura-t-il aussi contre Oyonnax lors de l’ultime journée la pénalité du maintien en Top 14 au bout du pied. Sait-on jamais…

Dimitri Laleuf

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