SUA LG // Rupeni Caucaunibuca, je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, (pas du tout)…


Hier en milieu d’après-midi, l’Hebdo était le premier a sortir l’info sur son site internet et sur les réseaux sociaux: Oui Rupeni Caucaunibuca est bel et bien de retour à Armandie. Preuve que le fidjien demeure dans le coeur des supporters agenais, notre site connaissait alors un pic de fréquentation sans précédent: près de 2000 connexions sur le site internet en moins de deux heures témoignaient ainsi de l’attente du peuple d’Armandie. Car entre Agen et Rup’s, c’est une longue et tumultueuse histoire d’amour… Pêché dans les filets agenais, durant l’été 2004, Rupeni Caucaunibuca, ancienne star du Super 14, ailier atomique des Auckland Blues, aura tout au long de sa carrière agenaise soufflé le chaud et le froid, le show et l’effroi. Deux premières saisons magnifiques, fantastiques, supersoniques durant lesquelles il devint par deux fois meilleur marqueur du Top 14, avec respectivement 16 et 17 essais au compteur. L’arme fatale du SUA. Deux années où Rup’s marquera de son empreinte à jamais le club, endossant sans aucune difficulté le costume de joueur le plus spectaculaire de l’histoire du club.

Sur courant alternatif

Les deux suivantes, catastrophiques, cauchemardesques même, davantage marquées par ses prises de poids (jusqu’à 123kgs) que d’intervalles (4 essais plantés en dix-huit mois), carrément polluées par ses débordements extrasportifs (contrôle positif au cannabis, accident de voiture, frasques nocturnes, multiples retards, blessures à répétition…) qui finirent d’ailleurs  pas lasser dirigeants, partenaires, supporters et coéquipiers. Etoile filante. En février 2008, le SUA, relégué en ProD2 et en proie à des soucis financiers, lui redonna sa liberté. C’en était fini du feuilleton Caucaunibuca… Et puis le « phénomène » réapparut, le 19 novembre 2008, affûté, lesté de nombreux kilos superflus. Pour vendre sa maison, régulariser quelques papiers et finalement signer…une nouvelle licence. A un salaire à l’époque très largement revu à la baisse. Un dernier contre pied pensait-on pour relancer une carrière au goût d’inachevé. Et une idée en tête, comme une obsession, ramener Agen en Top 14. Au final, cette année là, une demi-saison plutôt réussie, des crochets toujours aussi déroutants, des essais encore décisifs, un repositionnement au centre, qui fit rapidement taire ses détracteurs, malgré parfois quelques absences défensives. A la sortie, un échec, en demi-finale d’accession face à Oyonnax mais aussi et surtout un nouveau contrat de deux ans, au SUA, sa seconde famille. Puis l’année d’après, vint l’heure de la remontée avec à la clef un titre, son premier sous le maillot « bleu et blanc » et un nouveau trophée de meilleur marqueur. Un authentique exploit pour le centre agenais qui aura quasiment manqué un tiers de compétition (NDLR: Touché par des deuils familiaux, Rupeni dut rentrer aux Fidji). Seulement 19 titularisations pour 12 réalisations. Des stats à vous donner le tournis. On croyait alors l’histoire d’amour avec le Sporting réécrite pour de longues années. Mais c’était mal connaître le bougre qui allait très vite retomber dans ses travers. En septembre 2010, le SUA LG rompait son contrat, pour de nouvelles absences injustifiées et une surcharge pondérale (128kgs) incompatible avec la pratique du haut niveau. Suspendu à titre conservatoire, depuis le 24 juillet précédent, pour avoir zappé la reprise de l’entraînement, programmée, pour lui, le 12 juillet – ses copains avaient déjà retrouvé Armandie depuis le 21 juin – Rupeni Caucaunibuca, coutumier du fait, se mettait hors jeu tout seul. Et si les précédentes fois, le club lot-et-garonnais avait passé l’éponge, ce coup-ci, dirigeants et entraîneurs  finirent par se lasser :  «C’est un choix collégial, mûrement réfléchi» soulignait alors  le président Alain Tingaud, avant d’ajouter, laconiquement «ce n’est pas le joueur qui nous a trahis, c’est l’homme».

Annoncé à Lyon, il signe à Agen !

Dans la foulée, Rupeni signait au grand Stade Toulousain. Guy Novès réussissait son incroyable pari de relancer un joueur que beaucoup pensait alors fini. En demi-finale du Top 14 cette année là, Toulouse étrillait Clermont 29 à 6 grâce à deux essais et autant d’exploits de son ailier fidjien qui une semaine plus tard décrochait son premier bouclier de Brennus face à Montpellier. Une fois de plus on pensait Rup’s sur les bons rails et enfin formaté aux exigences du très haut niveau. Mais la seconde saison chez les Rouges et noirs allait, hélas tourner au néant, Rup’s accumulant les blessures. Disparu des écrans radars à la fin de l’été 2011, c’est finalement en Nouvelle-Zélande que l’OVNI Rupeni allait être de nouveau identifiable. Avec le Northland, Rup’s crève l’écran, affûté comme jamais (NDLR: on parle de 20 kilos en moins). On l’annonce alors avec insistance à Lyon mais c’est finalement Agen qui remporte le morceau. A priori à la demande même du joueur qui aurait contacté le club lot-et-garonnais pour lui faire part de son envie de revenir. Alain Tingaud qui connaît le bonhome attend de juger l’état de forme du garçon avant de lui faire signer un contrat. Une chose est sûre, il est prêt à oublier ses frasques passées pour lui permettre de réecrire une fois de plus sa légende. On en saura plus dès la semaine prochaine à l’issue des tests médicaux…

 

Cyril Recondo

Réaction //

Laurent Lubrano, ancien directeur général du SUA LG : « Que dire si ce n’est que c’est un gros challenge ! Comme beaucoup le savent, j’ai beaucoup d’amitié pour Rupeni que j’ai eu le bonheur de faire signer à Agen en 2004. Tous les six mois j’ai de ses nouvelles par l’intermédiaire d’un ami commun en Nouvelle Zélande. Je sais qu’il a fait une très bonne saison avec le Northland. Mais je sais aussi, mieux que personne sûrement, que Rup’s est totalement imprévisible. Il a, paraît-il, beaucoup maigri, c’est bon signe. Mais en même temps il traînait quelques blessures dont certaines endommageantes. Quoiqu’il en reste, Rup’s cela reste le plus grand potentiel de l’histoire du club. Preuve en est,  je lisais encore récemment une interview de O’Driscoll qui disait que c’était un des trois joueurs les plus impressionnants contre lesquels il avait joué. C’est dire !

Guy Novès, manager du Stade Toulousain: « Vous m’apprenez la nouvelle ! Que vous dire si ce n’est que cela ressemble à un retour aux sources pour un joueur qui a marqué l’histoire d’Agen. C’est plutôt sympa d’ailleurs qu’il revienne ainsi dans le club qui l’a révélé en France. Est-ce un pari? Oui sûrement mais vous savez lorsque je l’avais pris avec nous en 2010 on nous disait qu’il était perdu pour le rugby. On avait réussi à le remettre sur pied et il avait été tout simplement extraordinaire. Je me souviens d’un essai marqué face à cinq brivistes, on avait presque eu le sentiment d’assister à une scène truquée dans un film tellement c’était irréaliste ! Il y a eu aussi la fameuse demi-finale face à Montferrand où il avait été incroyable et bien sûr le titre en suivant. J’en oublie tellement il est hors-norme. Rupeni n’a laissé que de bons souvenirs à Toulouse.

 

 

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