SUA LG – US Oyonnax // Dimanche 5 juin à 20h45 – Bonjour tristesse


Bien sûr on pourrait vous parler de ce Agen – Oyonnax. Une rencontre entre l’avant-dernier et la lanterne rouge d’ordinaire qualifié de match de la peur. Les deux équipes, reléguées depuis belle lurette, se battent pour une « honorifique » treizième place au classement général. Match de la tristesse serait certainement plus approprié, surtout avec les départs de Jeannot Crenca, Jalil Narjissi et Alexi Balès. Comment le SUA LG en est-il arrivé là ? Petit retour sur cette saison galère.

Concurrence et défense

Passons sur les « On savait que ce serait compliqué » servis par tous les promus qui rejoignent l’élite du rugby français. Oui, avec le plus petit budget du Top 14, Agen ne pouvait pas espérer jouer les barrages, mais la messe n’était pas dite pour autant. A condition de se montrer un tant soit peu réaliste. Malheureusement, les deux premières journées vont donner un aperçu très représentatif du reste de la saison. A Grenoble, le Sporting va se heurter à la fameuse barrière des 60 minutes après avoir combattu honorablement. Puis contre Toulouse, les hommes de Mathieu Blin vont faire le jeu et le show, tout ça pour se faire sanctionner sur deux erreurs bêtes. Deux enseignements en découlent. Tout d’abord le manque de profondeur de l’effectif. Seuls quatre postes ont été réellement soumis à la concurrence au cours de cette exercice : pilier droit, flanker, ailier gauche et deuxième ligne. Les autres changements l’ont souvent été par dépit, à cause de blessure ou de méforme, ou pour des choix contractuels (Balès). Là où certains clubs présentent deux équipes de niveau équivalent, Agen subit lorsque les remplaçants entrent en jeu. Le manager du SUA a très souvent parlé de « transversalité », mais hormis pour Pierre Fouyssac, le XV ne s’est que trop peu ouvert aux Espoirs. N’aurait-il pas été judicieux de mieux anticiper l’intégration des jeunes les plus prometteurs  pour qu’ils puissent créer une réelle émulation au sein du groupe ?
Deuxième leçon : le repli et la défense. Multiplier les relances et déplacer le ballon est une démarche à saluer. Au moins pour l’esthétique du rugby. Mais combien d’adversaires n’ont eu qu’à faire le dos rond avant d’attendre un turnover des Lot-et-Garonnais ? Beaucoup trop. Et avec un pack concassé sur les ballons portés et des plaquages manqués par camions, les essais donnés trop facilement ont plombé toute ambition. Meilleur marqueur du Sporting avec sept essais et redoutable brêcheur, George Tilsley apporte-t-il plus qu’il ne coûte par ses quatre cartons jaunes et ses postures défensives douteuses ? Dans un style bien moins attractif qu’Agen, la Section Paloise a eu le mérite de verrouiller son Stade du Hameau pour prendre les points nécessaires à son maintien.

Retenir la leçon

« Le bras de fer », autre marotte de coach Blin, n’a pas été tenu. Le scénario frustrant de « ces défaites qui tiennent à peu de choses » s’est répété trop souvent pour imaginer que des petits détails auraient fait basculer la hiérarchie. Ce SUA-là n’a pas sa place en Top 14. En Pro D2, une antichambre par ailleurs affaiblie par plusieurs relégations financières, cela devrait en revanche suffire pour jouer les premiers rôles. Il faudra cependant retenir la leçon et gommer toutes les lacunes qui ne pardonneront pas en cas de nouvelle montée en 2017. Ce Agen – Oyonnax est une affiche de Pro D2. Messieurs, votre nouvelle saison démarre maintenant !

Dimitri Laleuf

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