Supplément SUA – Les grosses blessures, le fléau du rugby moderne


Vous avez déjà pu le remarquer, tous les journaux soulignent le nombre considérable de blessures dont les rugbymen souffrent lors de la Coupe du Monde qui se déroule en ce moment. Pas une sélection importante n’a été épargnée, 24 joueurs ont déjà quitté l’aventure RWC qui n’est pas encore terminée. Un chiffre en forte hausse si on se rappelle du précédent Mondial où seuls 15 joueurs avaient quitté le tournoi.
Le rapprochement est vite fait avec les Espoirs suavistes. Le manager, Sébastien Calvet, souligne régulièrement le manque de joueurs cadres dans son effectif. En effet, avec 15 blessés sur un groupe de 50 joueurs, c’est près d’un tiers du contingent qui manque à l’appel. Dont beaucoup de joueurs d’expérience comme Fanals, Ghirars, Conduche, Saurs… Voici leur ressenti.

Un corps sacrifié pour le sport

Des impacts toujours plus puissants, un jeu toujours plus rapide, des rencontres et un championnat toujours plus longs… Entre le sport et les études, les jeunes agenais ont des calendriers très chargés et ils ne sont pas prêts à ralentir sur l’un des deux, quitte à mettre entre parenthèses leur santé. Valentin Saurs, qui a joué un an avec un genou sans ligament croisé, explique : « Je ne regrette rien, j’avais un Tournoi des Six Nations à jouer, je savais que je risquais de m’abîmer les ménisques mais c’était un risque à pendre pour engranger cette expérience supplémentaire du tournoi ». Le jeune Fanals, lui, précise qu’il augmentera sa préparation physique maintenant qu’il a subi sa blessure à l’épaule : « Je sais désormais qu’en plus de mes entraînements, il faudra que je passe plus de temps à faire différents protocoles de renforcement afin d’éviter la blessure ».

Blessure physique et psychologique

C’est physiquement dur mais on omet souvent l’aspect psychologique… Les jeunes se sentent rapidement à l’écart du groupe, légitimement ou pas. Ils notent tous ce point. « Je n’ai pas joué une minute cette saison, je n’ai rien prouvé à personne. C’est compliqué de s’investir dans le groupe dans ces conditions », explique Simon. Entre la blessure, la peur de ne pas retrouver son niveau, ou encore celle du futur, Alban Conduche souligne quant à lui l’appréhension de retrouver le terrain : « Je ne sais pas si je serai au niveau des autres qui s’entraînent depuis le début de la saison. Je travaille un maximum pour y arriver mais il y a toujours une part importante d’appréhension ». Et il ne faut pas oublier l’appréhension du futur, de la prochaine blessure ou encore la possibilité de fin de carrière. Avant même qu’elle n’ait commencé, les jeunes en imaginent déjà la fin. Léo Ghirars a déjà vécu plusieurs sérieuses blessures et raconte vouloir se « mettre à l’abri » en continuant ses études. « J’y fais beaucoup plus attention maintenant, même si on veut toujours savoir si ça marchera plus tard dans le rugby », avance-t-il.

La rééducation, une phase primordiale

Les blessures sont le lot des rugbymen modernes, et la rééducation est une période importante pour eux. Académia leur permet, grâce à l’individualisation des entraînements, de reprendre chacun à leur rythme. Félicien Vergnon, après son hernie cervicale, a ainsi pu faire des séances de préparation physique spécifiques. « Tom Robin n’était présent que pour moi. On a pu travailler sur mon renforcement du cou mais aussi sur mon gros point faible qu’était la course. Ma période de blessure m’a finalement permis de revenir plus fort car je me suis amélioré sur ma technique de course. En revenant j’étais confiant grâce à ça », affirme Félicien. Léo s’attend au même résultat : « Avec tout ce temps sans rugby on perd forcément des repères, mais avec le travail et l’envie ca reviendra vite ! »

Aurore Schiro

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