Supplément SUA – Mathieu Barrau : « On a besoin d’enchaîner les matchs »


L’Hebdo : Avec les coupures successives Coupe du Monde puis Coupe d’Europe (que les cadres n’ont pas jouée), dans quel état physique sont les joueurs ?
Mathieu Barrau : Ils sont dans un bon état de fraîcheur en n’ayant pas joué le Challenge. On a pu les reposer dans un premier temps, puis les développer physiquement par la suite. Afin d’éviter la course pendant la première semaine, on a fait beaucoup de musculation et de résistance sur le vélo. En deuxième semaine, on est passés sur des entraînements très rythmés avec peu de récupération pour se rapprocher des conditions de match avec une alternance d’efforts défensifs et offensifs. Du rugby/physique en quelque sorte.

L’Hebdo : Y a-t-il des joueurs hors de forme ? Et à l’inverse des joueurs très affûtés ?
M. B. : Pour la réception de Castres, on retrouve un groupe assez homogène. Ça a bien bossé ces quinze derniers jours. Ça pétille. Dans le groupe, il n’y a pas de gars hors de forme. En revanche, ceux qui rentrent du Mondial et qui ont donc fait une grosse prépa sont au top. Tamaz (Mchedlidze, ndlr) après son parcours avec la Géorgie est particulièrement affûté. Afatia aussi. Ils sont dans les starting-blocks.

L’Hebdo : Par rapport aux autres équipes du Top 14, comment jugez-vous le niveau de prépa physique du SUA ?
M. B. : Honnêtement, on était un peu inquiets au moment de débuter la saison. On ne savait pas trop où on allait. Par rapport à la Pro D2, il y a plus beaucoup d’actions de haute intensité en Top 14 et des temps de jeu plus longs, pour un total de quatre à cinq minutes supplémentaires par match. Sur les quatre premières rencontres, on a pu constater qu’on était dans les clous. Et puis il y a eu un petit passage a vide après la Coupe du Monde. Beaucoup de joueurs sont rentrés chez eux et on n’a pas pu travailler tous ensemble. On avait trouvé notre rythme de croisière et la trêve a cassé la dynamique. Il nous a fallu une petite remise en route. On a besoin d’enchaîner les matchs pour trouver des sensations et parfaire la cohésion. Et dans ce championnat un peu morcelé, c’est un peu plus difficile pour nous.
La majorité des joueurs qui défieront Castres n’ont effectivement pas joué les deux derniers matchs. Mais on a tiré des enseignements de la coupure Coupe du Monde. On a fait les ajustements nécessaires et tenté d’uniformiser l’état physique des joueurs pour le championnat. De toute façon, le SUA n’a pas un effectif de 40 mecs comme Toulon par exemple. Il faut bien qu’on ménage nos cadres de temps en temps si on veut tenir la saison.

L’Hebdo : Que change l’arrivée des premiers froids sur les organismes ?
M. B. : Le corps est entre 37 et 40 degrés, et s’il fait zéro dehors, il y a un phénomène de choc thermique. Cela engendre un peu plus de pépins en hiver. Évidemment, le rugby reste un sport de contact et de combat, on ne peut pas éviter toutes les blessures mais on peut s’épargner certaines lésions dues au passage brutal dans le froid. Pour ce faire, on fait très attention à la réhabilitation musculaire. On échauffe tout ce qui est articulaire et musculaire avant chaque entraînement. On interdit également aux joueurs de s’entraîner en short. Survêtement ou lycra de rigueur ! Les bains d’eau glacée après les matchs et les étirements sont aussi très importants. Dans ces conditions, une contracture peut vite devenir une déchirure. Il faut donc se montrer très vigilants sur ces protocoles, ces petites routines.

L’Hebdo : Un petit mot sur l’adversaire. Physiquement, Castres, ça ressemble à quoi ?
M. B. : Castres a une grosse densité physique avec des joueurs très puissants, notamment en troisième ligne. Leur demi-de-mêlée est très puissant lui aussi. En mode hiver, c’est une équipe qui sera dangereuse et difficile à manœuvrer.

L’Hebdo : L’hiver peut donc changer la physionomie des matchs ?
M. B. : Une équipe légère qui joue bien au rugby avec du déplacement peut rencontrer plus de difficultés sur des terrains glissants qu’une formation au jeu plus simple, qui avance avec des séquences à une ou deux passes.

L’Hebdo : Un mauvais signe pour Agen ?
M. B. : On sait aussi s’adapter aux conditions. On a un staff compétent pour ça. Je ne vais pas parler à la place des coachs mais je n’invente rien en disant que faire des passes sera plus compliqué. Ça a toujours été le cas. Le jeu d’hiver sera peut-être plus basé sur de l’occupation/pression que sur des relances depuis les 22 mètres.

Propos recueillis par Dimitri Laleuf

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