Supplément SUA // Stéphane Prosper : « Augmenter le stress à l’entraînement »


L’Hebdo : Qu’avez-vous fait pendant cette trêve de plusieurs semaines ?
Stéphane Prosper : La trêve c’est un moyen de placer un certain nombre de tests associés à un gros travail physique que l’on va poursuivre encore pendant quinze jours pour nous permettre de tenir la charge sur les 16 prochaines semaines. C’est aussi l’occasion de placer des activités dérivées pour parfaire notre cohésion de groupe et de prendre des vacances obligatoires avant la fin de l’année. On a décidé de le faire en troisième semaine et non en première semaine comme l’ont fait toutes les autres équipes, justement pour avoir plus de fraîcheur mentale au moment d’entamer ce nouveau cycle.

L’Hebdo : La Coupe du Monde, vous la regardez en tant que simple spectateur ou vous vous en inspirez ?
S. P. : On s’inspire toujours de ce qui se fait de mieux et la Coupe du Monde est là pour ça. Et franchement, on se dit qu’on n’est pas trop en retard sur ce qu’on cherche à construire. On s’appuie sur certains matchs, sur certaines équipes. On se rend compte que l’on a des spécificités similaires à certaines équipes.

L’Hebdo : Quelles équipes ?
S. P. : Une partie de notre identité, à savoir déplacer le ballon et les zones d’affrontement, se retrouve notamment dans le jeu des All Blacks. Ça nous intéresse beaucoup et ça alimente notre soif de regarder cette équipe.

L’Hebdo : Quel est l’état d’esprit pour cette reprise ?
S. P. : Le discours qui a été donné aux joueurs, c’est que l’on a tout pour fonctionner. Dans ce que l’on met en place en termes de jeu, on a la capacité comme certaines équipes à l’image du Japon ou l’Écosse dans le Mondial, de déstabiliser des formations de plus gros calibre en déplaçant le ballon avec une organisation collective.

L’Hebdo : Donc le bilan des quatre premiers matchs est plutôt positif ?
S. P. : C’est positif dans le sens où on a vraiment validé notre billet en Top 14. On n’est pas à la rue ni hors-sujet. Maintenant, le très haut niveau requiert beaucoup d’exigence et c’est souvent dans les dernières minutes que l’on doit augmenter cette exigence. Cela fait partie du travail que l’on va mettre en place dans les prochaines semaines afin de mieux maîtriser nos fins de match, en souvenir de ce qui a pu se passer à Grenoble ou à Brive par exemple.

L’Hebdo : Si le fond est là, comment travailler sur ces petits détails ?
S. P. : On va faire en sorte, au quotidien, d’augmenter le stress sur les fins d’entraînement. Dans le fond et dans la forme. Cela va se passer dans le contenu des entraînements, dans l’intonation de la voix, dans l’exigence d’une concentration maximale pour tendre vers le zéro faute, d’une implication jusque dans les derniers instants. Là où on a pu avoir des sautes de concentration et une baisse de vitesse. Il y a des équipes qui cherchent à entamer physiquement l’adversaire, à l’user. Ça se traduit souvent par des formations qui tiennent pendant une heure avant de lever pied et de commettre des fautes. C’est notre cas et on doit gommer tout ça. C’est dans cette optique qu’on a planifié la phase de coupure comme une seconde préparation d’intersaison. Et on sent que les joueurs sont concernés. Ils ont respecté les programmes, y compris sur les prises de poids, qu’on leur avait imposés.

L’Hebdo : Bordeaux-Bègles va se présenter à Armandie avec un bilan loin de ses attentes. Est-ce que ça compte dans l’approche de ce match ?
S. P. : Est-ce qu’il faut se fier aux résultats de l’adversaire ? Je ne crois pas. L’important, c’est de se concentrer sur nous et ce qu’on a à faire. J’insiste particulièrement sur le fait de maîtriser les événements plutôt que de les subir.

L’Hebdo : Comme Agen, l’UBB est une équipe joueuse.
S. P. : C’est effectivement une équipe très joueuse, qui cherche sans cesse à déplacer le ballon et à apporter beaucoup de vitesse au jeu. On sera dans un schéma différent de ce qu’on a vu jusqu’à présent. Mais on restera fidèles à nos intentions de jeu. On devra être forts sur nos points forts et varier les différentes formes de jeu, avec du déployé, du jeu axial, du jeu au pied. C’est dans cette alternance que l’on déstabilisera les équipes adverses.

Propos recueillis par Dimitri Laleuf

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