Sylvie Roche, le retour aux sources


Se mettre au vert… Telle a été la motivation première de Sylvie Roche quand elle s’est décidée, après 25 ans sur Paris, de revenir dans la maison familiale. La comédienne, villeneuvoise, avait fait ses valises vers Paname à l’âge de 18 ans : « Je sortais de cours de Marianne Valéry à Monclar. A l’époque, on a été une petite troupe à monter sur la capitale » précise-t-elle. Les Baladins et Roger Louret lui permettent de faire carrière. Sylvie faisait partie de la génération « Java des mémoires », « Années twist » et « Années tubes » derrière Jean-Pierre Foucault.
Quand elle devient maman, elle se pose : « J’ai alors commencé à donner des cours de théâtre pour les enfants dans le quartier de Montorgueil. En huit ans, je me suis fait une notoriété et j’ai vu passer des fratries entières dans mes cours ». Mais, la vie parisienne commence à peser… « On avait déménagé en banlieue, une obligation avec des enfants sur Paris. Ce n’était plus la même vie ». Les attentats du 13 novembre sont un déclic : « Mes filles avaient peur d’aller à des spectacles… Les trajets en RER devenaient impossibles avec les consignes drastiques de sécurité. Des 30 minutes habituelles, on passait très souvent à une heure, voire plus… Les attentats ont été la goutte d’eau. »
Sylvie Roche repart de zéro, mais avec l’expérience de presque dix ans d’ateliers théâtre : « Je me suis fait mon propre mode de fonctionnement au fil des années avec un seul leitmotiv, que les enfants prennent plaisir à jouer ».
La comédienne passe donc beaucoup par le jeu et l’improvisation : « L’objectif premier est d’habituer les enfants à une scène. Ils jouent la comédie sans s’en rendre compte ». Le parcours Indiana Jones ou le standard téléphonique pour l’imagination, l’exercice miroir pour l’écoute de l’autre et la concentration ou encore le bandeau sur les yeux pour le lâcher prise… Autant d’exercices amusants qui font partie des deux heures de cours. Quand les planches sont désacralisées, Sylvie Roche passe alors aux choses plus sérieuses avec l’apprentissage de textes : « Là encore, je ne les force à rien. Le choix des textes se fait en concertation. Mais je tiens à ce qu’il y ait un spectacle de fin d’année. C’est une finalité nécessaire pour garder de la motivation ».
Et la méthode Roche semble bien fonctionner. Alexandre et Flavio, jeunes comédiens en herbe de 8 ans, témoignent de leur enthousiasme. Alexandre, lui, connaissait bien le terrain par son père « qui fait du théâtre depuis longtemps. Moi aussi, à la maison, j’aime bien faire le comédien. Ici, je me sens à l’aise »
Flavio, lui, réclamait depuis un an de faire du théâtre, sans pourtant savoir ce que c’était : « J’ai aimé faire le spectacle de l’école. C’était mon premier cours, je compte bien revenir ».

Annabel Perrin

Ateliers tous les mercredis après-midis – de 14h à 16h pour les 7-9 ans, de 16h à 18h pour les 10-12 ans – Théâtre des 13 vents,  avenue du général de Gaulle – Contact au 06 12 97 65 84

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