Tanga ne fait pas dans la dentelle


«Mon premier match chez les professionnels face à Oyonnax m’a fait tout drôle mais c’était encore plus le cas le week-end dernier à Toulouse. Quand tu réalises que les adversaires face à qui tu joues sont des mecs que tu admirais à la télé l’an passé, ça fait vraiment bizarre. Mais une fois sur le terrain je ne me suis pas trop posé de questions et j’ai tout donné pour me mettre au niveau ! » Du Yoan Tanga dans le texte, avec la simplicité et l’humilité qui caractérisent ce jeune loup aux dents longues.

De nature plutôt réservé, le Francilien qui a commencé le rugby à Tremblay-en-France à l’âge de 13 ans, ne nourrit aucun complexe. En atteste sa prestation majuscule face à Toulouse : 5,573 km parcourus, 50 actions au contact et 23 plaquages effectués. Au sein d’une troisième ligne étiquetée classe biberon avec un autre novice, omniprésent dans les rucks, Léo Ghirard (22 ans) et un Antoine Miquel (23 ans) qui faisait office de papa du haut de ses 41 matchs en pro, Yoan Tanga-Mangene s’est montré à son avantage en étant à la pointe du combat. « Que ce soit Léo, moi ou tous les autres jeunes du club intégrés au groupe pro, nous ne demandons qu’à jouer et à nous exprimer. A partir du moment où on est sur la pelouse, on met toutes les chances de notre côté pour faire le meilleur match possible et apporter notre pierre à l’édifice » ajoute le flanker de 20 ans.

Un profil à la Yannick Nyanga

Avant de poser ses bagages cet été sur les berges de Garonne, Yoan Tanga-Mangene a passé ses quatre dernières saisons dans les catégories de jeunes du Castres Olympique. Arrivé dans la cité de Jaurès en Crabos, il a tutoyé le groupe professionnel, avec lequel il s’entraînait l’an passé, mais n’a jamais connu les honneurs de porter le maillot bleu et blanc en Top 14, barré notamment par son conscrit et révélation de la saison dernière, Anthony Jelonch. Son aventure castraise s’est finalement achevée en mai dernier par une finale du championnat de France espoirs perdu face à l’Usap. Une épopée marquante durant laquelle il s’est lié d’amitié avec un certain Bernard Reggiardo, demi-de-mêlée parti cet été au Stade Aurillacois, mais surtout fils de Mauricio, considéré comme une véritable légende vivante dans la sous-préfecture tarnaise. « Je me souvenais de son passage à la tête du CO en 2015 (Ndlr : en quatre mois il a sauvé le club de la relégation en Pro D2) mais je l’ai surtout connu car il suivait de près les performances de son fils aîné et venait régulièrement voir nos matchs. Je lui ai tapé dans l’oeil lors de la saison dernière et je suis donc tout naturellement venu passer les tests cet hiver à Agen »

Un essai de deux jours mi-février lors d’un entraînement du groupe pro qui s’avérera concluant et lui permettra, non pas de décrocher un premier contrat professionnel ou un contrat espoir mais une convention avec Académia. Une ascension étape par étape donc pour ce guerrier qui dispose de toutes les qualités d’un troisième ligne moderne : excellent gratteur, habile balle en main, précis en touche, vif et rapide. Un profil de coureur qui n’est pas sans rappeler un autre joueur originaire de la République démocratique du Congo comme lui, un certain Yannick Nyanga. A deux lettres près et à quelques kilos d’écart, la ressemblance est frappante, du moins sur le terrain. « C’est vrai qu’il fait partie de mes joueurs références comme le Sud-Africain Kolisi ou l’Australien Hooper » avoue Yoan avec sa bonne humeur et son sourire distinctifs. On lui souhaite en tout cas d’avoir une carrière aussi brillante que le quadruple champion de France et double champion d’Europe, aux 46 sélections en équipe nationale. Avant de rêver de sacre, il aspire cette saison à « jouer le plus possible, et progresser un maximum, mais surtout sauver le Sporting de la relégation ». Il sait que la route est longue mais son ambition débordante sera utile au SUA LG dans sa quête de maintien.

Simon Galinier

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