Taylor Paris prépare son retour


On l’avait quitté en mai dernier sur des playoffs d’anthologie. Entre la demie et la finale d’accession, Taylor Paris s’était fendu de trois essais, dont un de 100 mètres que le public d’Aimé-Giral garde encore en travers de la gorge. Paris avait été magique et se préparait pour une Coupe du Monde bien méritée avec le Canada, sa deuxième après avoir été le plus jeune joueur du Mondial 2011. Seulement voilà… Ses appuis d’ordinaire si imprévisibles pour les défenses adverses lui ont cette fois desservi. L’un deux s’est dérobé dans les ultimes secondes d’un match de préparation contre les Etats-Unis et ses ligaments croisés n’ont pas tenu le choc. Opération, rééducation, patience… L’ailier agenais s’est astreint au même régime que tant de sportifs avant lui.
Six mois et demi plus tard, le voilà qui réapparaît sur les terrains, avec les U22 face aux jeunes pousses du Stade Français à Rabal. Une trentaine de minutes, histoire de retrouver des sensations. « Je ne m’étais pas fixé d’objectif particulier. Je voulais simplement sentir le contact et le ballon », reconnaît l’intéressé, « vraiment content d’arriver à la fin du processus ». La prudence reste de mise, rien de plus normal au sortir d’une telle blessure. Mais les premiers signes poussent à l’optimisme : « Je n’éprouve aucune appréhension concernant mon genou », déclare-t-il. Non, ce qu’il manque encore à Taylor Paris, c’est « un peu de cardio ». S’il a retrouvé une partie de sa puissance, il lui manque en effet encore de l’endurance.

Des fourmis dans les jambes
Son programme de reprise avec les pros n’est pas encore tout à fait établi. Il a retrouvé l’entraînement avec « les copains » il y a trois semaines maintenant. Le natif de l’Ontario devra néanmoins repasser par la case Espoirs pour retrouver du rythme, avant de passer aux choses sérieuses en Top 14 pour les dernières journées de la saison. « Je me sens vraiment bien, mais on peut s’entraîner tant que l’on veut, au niveau de l’intensité, jouer un match, c’est autre chose. Et sans manquer de respect aux U22 qui m’ont d’ailleurs surpris par leur professionnalisme, mon ambition est de basculer au plus vite sur le plus haut niveau », note-t-il. Ses jambes le démangent, et on le comprend : « J’ai beau être blessé, je fais partie de l’équipe et je vis la même chose qu’eux. C’est d’autant plus frustrant que je ne peux pas les aider à redresser la situation ». Bientôt Taylor, bientôt.
Nul ne sait si le SUA aurait eu de meilleurs résultats avec sa fusée canadienne. Parfois critiqué pour ses errements défensifs, l’ailier n’en reste pas moins un redoutable finisseur et un leader au sein de cette équipe. Son retour ne sera, quoiqu’il arrive, pas un mal.

Dimitri Laleuf

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