Théâtre Ducourneau // Entre violons, rababas et guitares électriques


« C’est bien plus difficile que la contrebasse ! » Magali Apparailly, professeur au conservatoire d’Agen, s’essaye au rababa, instrument ancestral venu d’Egypte. Elle tente maladroitement de suivre les gestes de Salama Metwally, musicien égyptien. C’est sur les planches du théâtre Ducourneau que se déroule la scène. Autour d’eux, le groupe Egyptian Project s’affaire avec les quelque 30 enfants, ados et adultes des conservatoires d’Agen et de Marmande, et des écoles de musique de Villeneuve-sur-Lot et Tonneins.

Ils ont pour objectif de donner un concert ce samedi, une création originale, élaborée en trois jours, croisement entre la musique classique, traditionnelle égyptienne et amplifiée…

Le projet est une première pour le département et le Florida : « L’idée est partie d’une réunion avec le Conseil général qui voulait impulser une action en commun avec toutes les écoles de musique du département » explique Florent Bénéteau, directeur de programmation du Florida. Ce dernier pense alors au groupe Egyptian Project, un habitué des murs, déjà passé deux fois en concert et qui aime le mélange des genres musicaux : « Nous sommes friands, au Florida, de ce type de création qui abat les frontières entre courants musicaux ».

Mobilisation des écoles

Une fois la machine lancée, les professeurs des écoles et conservatoires ont rencontré lors d’une réunion, Jérôme Ettinger, directeur artistique d’Egyptian Project, puis ont recruté les élèves qui allaient intégrer cet orchestre éphémère et insolite : « Il fallait qu’ils aient un niveau suffisant, soit cinq ans de pratique instrumentale » explique Magali Apparailly. « Ensuite, c’était sur la base du volontariat et de la disponibilité ».

Partitions mouvantes

De son côté, Jérôme et son acolyte Arnaud Millan d’Egyptian Project se sont attelés à l’écriture des partitions : « Lors des répétitions, nous les projetons sur grand écran. Mais elles ne sont pas figées. Elles évoluent au fil des rencontres entre musiciens. Car l’essentiel du projet est là, faire se croiser une pratique musicale classique et traditionnelle, l’une basée sur une musique écrite, l’autre essentiellement sur la transmission orale. Peu à peu, on parvient à se détacher de l’écrit ». Le mélange se fait également devant les pupitres. Aux côtés des violons, violoncelles, contrebasses, harpe ou flûtes traversières, se posent rababa,  guitares électriques, therevox et ondes Martenot. Un mélange unique en son genre sur lequel Egyptian Project a fondé son existence.

Du côté des élèves et des professeurs, on se surprend à pouvoir dialoguer avec des musiciens ne parlant pas un mot de français : « Preuve que la musique est un langage universel » souligne Magali Apparailly.

« C’est aussi la première fois que les quatre écoles de musique du département sont réunies sur une même scène sous la houlette du Florida » ajoute Florent Bénéteau. « La machine, jusque-là inexistante, de travail avec les conservatoires, est désormais lancée. »

Annabel Perrin

Concert le samedi 25 avril à 21 heures

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