Tondeuses sur quatre pattes


Non, ce n’est pas un poisson d’avril… Il y aura bien un lâcher de moutons d’ici une semaine, sur les sites du camping du Rooy et de La Fermette. Douze ovins vont remplacer les tondeuses municipales bruyantes pour entretenir les deux étendues d’espaces verts, respectivement d’1,4 hectare et de 7 500 m2. La Ville lance l’expérimentation suite à son engagement écologique de zéro pesticide, mais pas seulement : « C’est également par souci d’économie » ajoute Michel Asperti, adjoint aux Travaux. « Nous diminuons les dépenses de 25% avec les moutons,  plutôt que de tondre les pelouses. Et plus l’espace vert est important, plus les moutons sont compétitifs ».  Le maire Patrick Cassany a donc signé, ce mardi, une convention avec la société Ecomouton, qui va se charger d’implanter et d’élever la douzaine de laineux adoptés par Villeneuve-sur-Lot. Ecomouton va ainsi gérer les naissances et les décès du cheptel, ainsi que s’assurer de leur bonne santé. Une mission dont elle s’acquitte déjà depuis cinq ans, un peu partout en Aquitaine : « Jusqu’à présent, nous avions signé des conventions avec des entreprises qui entretiennent ainsi leurs espaces verts » explique Rémy Muriach, d’Ecomouton. « C’est la première fois que nous travaillons avec une municipalité ».
L’idée est née avec l’expérience personnelle du fondateur d’Ecomouton qui, entrepreneur, avait choisi de faire tondre les alentours de son entrepôt par des moutons : « L’initiative a séduit des clients à lui qui lui ont demandé d’implanter le procédé chez eux » raconte Rémy Muriach.
Ecomouton a donc aujourd’hui signé huit contrats dans le Sud-Ouest et touche, par site implanté, 541 euros par mois : « Le prix se fait en fonction de la surface » précise Rémy Muriach.
Les moutons choisis ne sont pas n’importe lesquels. Ils sont tous issus de la même  race, celle d’Ouessant : « Ils sont solides et produisent peu de laine. Petits, ils ne pèsent pas très lourds et donc n’abîment pas les terrains… ». L’idéal donc pour remplacer les tondeuses classiques : « On s’est également aperçu qu’au delà  de l’aspect écologique et économique, les moutons créent du lien social. Ils deviennent des mascottes et dans certaines entreprises, on lance même un sondage pour leur trouver des noms » remarque Rémy Muriach. Une piste que la municipalité compte bien exploiter : « Les terrains concernés se trouvent à proximité du futur relais d’assistantes maternelles et de la piste cyclable, ils vont sans nul doute être l’objet de toutes les attentions » ajoute Patrick Cassany, maire de la ville.   

Annabel Perrin

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