Tourisme // L’héritière de coeur de la Maison des consuls


Une grosse porte bleue en bois d’époque en marque l’entrée. Pour en franchir le pas, il faut actionner le heurtoir imposant.  La Maison des consuls de Villeneuve-sur-Lot n’a pas seulement une histoire marquante dans le département et la bastide. Elle appartient surtout à une passionnée des lieux et qui affectionne de faire visiter pièce après pièce une bâtisse restée identique depuis plus de 50 ans. Maria Pilar Lang en est la propriétaire. Ce petit bout de femme n’a de cesse de faire partager aux visiteurs d’une après-midi, les vies des deux familles de consuls qui ont habité les lieux. Mais on est loin ici de la visite classique et parfois monotone. Car Maria Pilar Lang exprime au fil des pièces sa personnalité, tout en narrant l’histoire de sa maison.

Arrivée par amour

Elle a semble-t-il garder le tempérament de feu hérité de ses origines espagnoles. Et quand on lui demande comment elle a posé ses valises entre ces murs historiques, elle s’avoue gênée de répondre à la question : « Je n’aime pas trop parler de ça… Mais bon… Puisque vous insistez…» Elle raconte alors laconiquement qu’elle a croisé son époux alors qu’elle était au conservatoire de Bordeaux, un Villeneuvois qu’il l’a entraînée dans son sillage : « Nous avons acheté cette maison il y a 50 ans. Depuis elle n’a pas bougé. Nous avons fait quelques travaux, notamment pour recouvrir les murs de briquette rouge trop poussiéreuses, mais nous avons eu à coeur de préserver la disposition des pièces de l’époque ». Ce qu’elle ne dit pas mais que l’on découvre ensuite au hasard de cadres accrochés sur les murs, c’est qu’elle a obtenu les premiers prix de chant et d’opérette durant ces années bordelaises…

Comme dans un boudoir

Car la visite n’est  pas une marche au pas le long des pièces traversantes de la maison. On peut prendre le temps de découvrir meubles et objets personnels exposés par la maîtresse des lieux. Pour en raconter le passé historique, Maria Pilar fait asseoir ses invités comme dans un boudoir, se saisit de fiches où quelques notes lui rafraîchissent la mémoire et conte les parcours des Malateste « que j’affectionne particulièrement, ce sont mes Malateste à moi » et des Maldieu…  : « Dont une partie de la famille vit encore à Bordeaux. Ils sont d’ailleurs venus ici. Ils sont attachés au lieu ». Elle réserve quelques surprises au cours du récit, entretenant ainsi le suspense. Et de ci, de là, elle glisse des anecdotes de sa propre vie, liées au mobilier d’époque qui habille sa maison : « Vous connaissez la rue des Petites écuries à Paris. C’est là que j’ai récupéré ce tapis d’Iran. Une fabrique avait pris feu et les pompiers jetaient par les fenêtres les tapis… Quand je leur ai demandé ce qu’ils allaient en faire, ils m’ont lancé « Faites en ce que vous voulez »».  Les tentures et papiers peints imprimés main sont aussi le prétexte à une histoire. Maria Pilar est intarissable, s’excuse parfois de chercher ses mots… Malgré ses hésitations pourtant rares, on ne s’ennuie pas une seconde durant les deux heures que dure la visite qui se termine par le décor étonnant de la cave voûtée où l’on retrouve la briquette rouge originelle des murs… Et c’est presqu’à regret que l’on franchit à rebours la lourde porte bleue tant on sent que Maria Pilar n’en a pas fini de conter sa vie au travers des murs de sa maison empreinte d’histoire.

 

Annabel Perrin

 

Visites sur rendez-vous auprès de l’Office du tourisme du Grand Villeneuvois  au 05 53 36 17 30

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