Tracé LGV // Le vent de fronde ne faiblit pas à Layrac


Il fallait avoir de l’obstination ce mardi soir, pour assister à la présentation des tracés LGV retenus par le Grand projet du Sud-Ouest, sur la commune de Layrac. Car la salle choisie pour la réunion était prévue pour une cinquantaine de personnes, alors que plus d’une centaine s’étaient déplacée… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la plupart d’entre elles n’était pas là pour écouter religieusement les exposés respectifs de Sébastien Joly et André Bayle, techniciens et n°1 de GPSO. Certains voulaient même en découdre…
Durant plus d’une heure, ont été minutieusement décrits, comparatifs à l’appui, les tracés dénommés H228 et H228 ter, à coups de lignes bleues et de cercles rouges…

Enjeux humains
Pour une grande partie de l’assemblée présente ce soir-là, il semble qu’on leur donnait à choisir entre la peste et le choléra. En premier cité, la Gravade qui dans un cas disparaît, dans l’autre est conservée. En contrepartie de sa préservation, quatre gravières, elles, se retrouvent sur le tracé…
Question foncier, le H228 impacte quinze zones, contre onze pour le H228 ter. Certaines maisons se retrouveraient coincées entre la voie ferrée et l’autoroute… Si le H228 ter s’affiche comme la ligne la moins impactante, elle a un coût supplémentaire de 20 millions d’euros et exige des infrastructures supplémentaires pour les nuisances sonores sur les riverains : « Tout le monde est bien conscient des conséquences que cela entraîne. et s’il y avait une autre solution, on l’aurait choisie » déclare le maire de Layrac, Rémi Constans. « Il en existe une ! » s’écrie-t-on dans l’assemblée. « Aménager les voies existantes ».

Le non à la LGV
Très vite après l’énoncé technique des responsables du GPSO, les remarques fusaient : « La cour des comptes elle-même dénonce la dérive de la grande vitesse à la française » lance une des opposantes au projet. « Pourquoi maintenir un tel projet ? C’est nous qui allons le payer, sans avoir la certitude que l’arrêt d’Agen sera maintenu à terme. Et je vous l’annonce, il ne le sera pas si la SNCF veut que la ligne soit rentable ». Et un autre de lancer… « J’ai mis une demi-heure pour venir de Roquefort jusqu’ici, Roquefort où la gare LGV devrait être implantée. Les dix minutes de trajet en train gagnées par la grande vitesse, je les ai largement perdues en voiture. Quel est notre intérêt, à nous Agenais, d’avoir cette ligne ? ».
Philippe Marulaz, opposant à la LGV, tenait à souligner que les habitants de Layrac n’avaient pas seulement deux options pour s’exprimer, mais pouvaient également refuser le passage de la voie ferrée sur leur commune. Le maire Rémi Constans a eu fort à faire pour faire entendre sa voix et mettre un terme à une réunion publique tenant davantage du dialogue de sourds que de la concertation.

Annabel Perrin

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