Un face à face dans l’abstraction


Le Musée de Gajac aime surprendre et l’exposition qui démarre ce 27 novembre ne déroge pas à la règle. Car ce sera la première fois que les oeuvres du sculpteur Cieslarczyk seront posées face aux peintures et collages de Rédoulès. Ces deux hommes ont pourtant de multiples points en commun. Appartenant au même mouvement artistique, ils se connaissent bien, le premier vivant du côté de Fumel, le second dans le Lot. Tous deux sont également quasi centenaires. L’idée de les réunir était celle de Jacques Balmont, collectionneur et amateur d’art villeneuvois, décédé récemment : « Cette exposition est la dernière collaboration que nous aurons menée avec Jacques Balmont, un hommage » souligne Hélène Lagès, conservatrice du musée. « C’est lui qui nous l’a suggérée. Au départ, nous voulions exposer seulement les sculptures de Cieslarczyk, dont certaines font partie de notre collection. Jacques Balmont, qui connaissait bien Rédoulès, a proposé de nous mettre en contact avec cet artiste, voisin, et appartenant au même mouvement pictural que Cieslarczik ».
La salle principale partage son espace entre les deux artistes, l’un occupe les murs, l’autre le sol : «  Deux documentaires, consacrés à chacun des artistes, sont projetés. Car même si ce sont des plasticiens locaux et reconnus, peu ici les connaissent vraiment » ajoute Hélène Lagès.
Et pourtant, Adolphe Cieslarczyk a produit, du côté de Fumel dès 1941, des oeuvres aujourd’hui exposées au musée de Leverkusen en Allemagne ou encore au musée de l’art moderne à Paris. Il invente dans les années 70 ses propres techniques de gravure. Ses sculptures sont tout en rondeur et sensualité ou au contraire faites d’assemblages biscornus en métal : «  On a envie de les toucher… Et pour une fois, on peut. C’est même conseillé » ajoute Hélènes Lagès. « On sent ainsi les différences dans les matières entre le bois, le métal ou le marbre ».
Rédoulès, lui, affirme son admiration pour Bissière et utilise papiers, toiles et constructions pour des oeuvres abstraites surprenantes. Certaines d’entre elles s’exposent au musée de Cahors, sa ville natale, mais également à la Maison des arts Georges-Pompidou. Au total, ce sont plus de 80 chefs-d’oeuvre que le Musée de Gajac abrite jusqu’au 31 janvier dans ses murs.

Annabel Perrin

Exposition jusqu’au 31 janvier –  Tarifs : 1 à 5 euros – Fermé le lundi – Infos au 05 53 40 48 00

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