Un service prêté pour un rendu


Le temps c’est de l’argent, a-t-on coutume de dire. A l’Accorderie agenaise, inaugurée vendredi dernier en présence du premier édile Jean Dionis du Séjour, on prend le proverbe à la lettre. Ce concept importé du Québec en 2011 par la fondation Macif vient de débarquer en Lot-et-Garonne. Le principe est très simple. « Une heure de service rendu est rémunérée par une heure de service à recevoir », résume Martine Cazals, co-présidente l’Accorderie agenaise. Point de transaction et de menue monnaie, uniquement des échanges de bons procédés, encadrés par l’association.

Tout le monde a à offrir

Repassage, leçon d’informatique, dépannage électrique, aide aux devoirs, déménagement, babysitting… la liste n’est pas exhaustive. L’Accorderie est un gisement inépuisable de services. « Tout le monde à quelque chose à offrir, une compétence à faire partager ou profiter  explique Martine Cazals. Même les personnes âgées qui ont tendance à penser le contraire. » En s’inscrivant, les « accordeurs » expriment leur besoins et indiquent leur savoir-faire en attendant une sollicitation. L’association centralise toutes les interventions pour plus de sécurité. « L’avantage est que l’on n’est pas obligé de rendre un service à celui qui nous en a fourni un. Les chèques-temps que nous distribuons sont valables auprès de toute la communauté », précise Anne-Marie Jean-Meillier, seconde co-présidente. N’importe qui peut adhérer, même les mineurs avec l’autorisation de leurs parents.
Seule contrainte : il est d’interdit d’exercer sa profession. Un plombier de métier ne peut ainsi pas venir réparer un évier pour l’Accorderie. « Sinon, ça rentre dans le cadre du travail au noir », prévient Anne-Marie Jean-Meillier. Trois types d’échanges de service sont possibles. Entre accordeurs individuels, entre un accordeur et un groupe dans le cas d’une initiation cuisine par exemple, ou entre un accordeur et l’association.

Lien social

En plus de briser les barrières financières, ce modèle économique d’un genre nouveau a d’autres vertus. « L’Accorderie est un moyen de lutter contre l’isolement social. On les pousse à se rencontrer et à partager une certaine convivialité », assure Anne-Marie Jean-Meillier. « On espère recenser 150 accordeurs d’ici la fin de l’année prochaine », indique Martine Cazals. Un objectif plus que raisonnable. Ils sont en effet déjà 90 à faire partie de l’association.

Dimitri Laleuf

 3 rue Bartayres 47000 Agen – 06 95 53 11 31 – tempspourtempsagen@gmail.com

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