Une dame de « fier » aux commandes


« Revaloriser les métiers pénitentiaires pour une meilleure prise en charge des détenus. » Tel sera le leitmotiv de Sophie Bleuet, nouvelle directrice de l’Ecole nationale de  l’administration pénitentiaire (Enap). L’établissement qui forme, entre autres, les surveillants affectés dans les prisons, avait traversé une crise en fin d’année qui avait marqué les esprits (voir plus bas). Sophie Bleuet n’a pas esquivé les questions sur cette affaire, faisant valoir son amour du métier et son expérience. « Je vais capitaliser sur mes 25 ans de terrain et sur ma vision de nos métiers pénitentiaires. » Car Sophie Bleuet, deuxième femme à diriger l’institution, affiche des états de service qui l’ont amenée à connaître aussi bien les coursives des prisons que celles plus feutrées des lieux de décisions. C’est d’ailleurs après avoir été à la tête de la direction interrégionale de Bordeaux qu’elle se retrouve à Agen. Un poste qui lui a permis d’affiner sa philosophie et de se tailler une certaine réputation auprès de ses supérieurs. « Nous souffrons de certains complexes par rapport à nos collègues en uniforme, ajoute-t-elle, mais il ne faut pas, c’est ce que je vais leur répéter le temps de leur formation. Nous sommes exposés à des missions sensibles, les aléas professionnels amènent à gérer des situations lourdes. Je veux leur ancrer qu’il faut être fier de ce métier. » Les modules de respect qu’elle a mis en place sur ces dernières fonctions cadrent avec sa vision du métier.
Elle compte aussi s’appuyer sur les innovations mises au point au sein de l’Enap qui, si elles sont confidentielles, n’en restent pas moins vecteurs d’une certaine « fierté ». A ce titre, le système de détection baptisé « Iris », et qui équipe déjà de nombreux centres pénitenciers, a été conçu dans les murs agenais. Il permet une surveillance accrue sur ce qui rentre dans les murs d’une prison. Autre réalisation à mettre au crédit de l’Enap, les supports pédagogiques, mêlant mises en situation et témoignages d’experts, pour informer des risques de radicalisation politique ou religieuse. Deux exemples dont l’actualité est venue rappeler leur importance.   

Gauvain Peleau-Barreyre

Renouer le dialogue avec les syndicats

Le 10 novembre dernier, alors que la 188e promotion devait fêter la fin de sa formation, la cérémonie avait été perturbée par les manifestants, eux-mêmes chargés par les forces de l’ordre. Une intersyndicale qui protestait contre plusieurs aspects de leur profession qui nuiraient à leurs conditions de travail. Sophie Bleuet a rencontré les représentants syndicaux « nationaux et locaux » pour des échanges « courtois » . « En tout cas je suis ouverte au dialogue car il y a beaucoup d’attentes », a-t-elle déclaré.

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