Une séance chez le docteur Bones


Au musée d’Eysses, le décor est planté. Toiles d’araignée sur le plafond et dans les coins de murs, crânes dispatchés un peu partout, un chat empaillé pas très en forme… Et au milieu de la pièce, une tombe où repose un squelette soigneusement mis en scène… Il est le personnage central de l’atelier Halloween organisé par les musées d’Eysses et de Gajac et mené par Mélody Félix-Sanchez, anthropologue de métier. La jeune femme, quelque peu transformée en sorcière pour l’occasion, a la fâcheuse habitude professionnelle de conter fleurette aux squelettes et os en tous genres pour qu’ils lui révèlent leur histoire passée. Age, sexe, santé, habitudes vestimentaires ou encore alimentaires, Mélody sait faire parler les morts… Sans pour autant être magicienne mais plutôt par déduction scientifique. Durant trois quarts d’heure, elle enseigne quelques rudiments d’anthropologie aux mécréants à partir de six ans : « J’utilise Oscar le squelette comme cobaye. Il est en plastique. Sur les tables autour, par contre, il s’agit de vrais os humains qui appuient mes démonstrations » précise Mélody.

Funéraire et anatomie

L’atelier se construit en deux parties : « La partie biologique et la partie pratique funéraire ». Côté biologie, on apprend pêle-mêle à distinguer les bassins d’un homme et d’une femme : « qui ont des configurations bien différentes », à déterminer la classe d’âge d’un fémur selon son usure, et même à observer quelques pathologies dont les traces traversent les siècles : « Ici, on peut voir des trous de carie » explique Mélody, un crâne humain dans la main. « Et même un trou dans la gencive de l’os qui montre un abcès non soigné. Il se peut qu’il en soit mort, à l’époque, il n’y avait pas d’antibiotiques et les abcès dentaires finissaient souvent en septicémie ». Un peu plus loin, on observe attentivement une clavicule ayant été fracturée ou une luxation de la hanche : « Ces indices peuvent nous renseigner sur les habitudes de vie et d’alimentation de nos ancêtres, notamment par l’observation de la dentition ». Mais c’est surtout dans les pratiques funéraires que Mélody déduit la vie antérieure d’Oscar : « Selon la disposition des côtes du squelette, on peut savoir s’il a été enterré à même la terre ou dans un contenant.  Les objets funéraires laissés dans la tombe renseignent également sur la caste sociale à laquelle appartenait le défunt ». Au-delà d’un aspect ludique, l’atelier Halloween a un objectif clairement pédagogique : « J’espère transmettre, tout en s’amusant, l’intérêt primordial que revêt l’anthropologie et en général l’histoire souvent maltraitée dans le milieu scolaire. Pourtant, elle est essentielle pour comprendre ce que l’on est aujourd’hui ».

Annabel Perrin

Prochains ateliers le samedi 29 octobre à partir de 14 heures jusqu’à 17 heures, à raison d’un par heure – gratuit

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